Une fillette oubliée en gare relance la question de la sécurité ferroviaire. Repérée seule à Toulouse, elle a été retrouvée saine et sauve une heure plus tard. Une enquête doit éclaircir les circonstances de cet abandon.
Une silhouette minuscule dans l’immensité de verre et d’acier. Il est 19 h 13 lorsque le train régional prend la direction de Pau. Sur le quai numéro 5 règne la bousculade habituelle des départs. Mais quelques minutes plus tard, dans le hall 2, les agents de la police ferroviaire font une découverte inquiétante : une enfant de deux ou trois ans, vêtue d’une robe blanche immaculée, déambule sans surveillance. Elle ne parle pas français et semble attendre, immobile, au milieu du flux des voyageurs.
L’œil des caméras
Aussitôt, l’alerte est donnée au PC sécurité. Les policiers de la brigade spécialisée visionnent les images de vidéoprotection pour comprendre l’origine de cet abandon. Le scénario se dessine alors sur les écrans : à l’heure du départ, l’enfant était entourée de deux femmes et d’un homme. Le groupe s’est engouffré dans la rame, délaissant la fillette sur le quai dans un instant d’inattention total. « C’est une situation exceptionnelle qui aurait pu virer au drame si l’enfant s’était approchée des voies », confie un agent ferroviaire présent lors de l’intervention.
Course contre la montre
Pendant que la fillette est mise à l’abri, saine et sauve, les policiers parviennent à identifier la mère. Cette Soudanaise est déjà loin, quelque part entre Toulouse et les Pyrénées. Le contact téléphonique est établi par les agents de la SNCF, coordonnés avec le PC sécurité, alors que le convoi approche d’une gare au sud de l’agglomération. Prise de panique en réalisant l’absence de sa fille, la jeune femme descend en urgence en gare de Muret. Escortée par un proche, elle entame immédiatement un retour en voiture vers la Ville rose.Il est environ 20 h 30 lorsque la mère franchit enfin les portes du poste de police de la gare. Les traits tirés par l’angoisse, elle a pu récupérer son enfant après les vérifications d’identité d’usage. Si ces retrouvailles marquent la fin de l’angoisse, une enquête a été ouverte pour faire toute la lumière sur les circonstances exactes de cet oubli et déterminer d’éventuels manquements aux obligations parentales.

















