Selon un communiqué publié le 2 mars 2026 par l’Urssaf Midi-Pyrénées, la lutte contre le travail dissimulé continue de se renforcer dans la région. Les contrôles ciblés ont permis d’augmenter les montants redressés en 2025, signe d’une stratégie de détection jugée plus efficace.
La lutte contre le travail dissimulé reste l’un des axes majeurs de l’action de l’Urssaf. En 2025, le réseau national a maintenu un niveau élevé de redressements liés aux fraudes sociales. À l’échelle du pays, les montants récupérés dépassent 1,5 milliard d’euros, un niveau proche de celui enregistré l’année précédente. Ces résultats s’inscrivent dans un objectif plus large. L’Urssaf s’est fixé une cible de 5,5 milliards d’euros de redressements sur la période 2023-2027. Après trois années, 4,3 milliards d’euros ont déjà été récupérés, ce qui représente un rythme nettement supérieur à celui observé lors de la convention précédente.
Des contrôles de plus en plus ciblés
En Midi-Pyrénées, l’année 2025 confirme cette dynamique. L’Urssaf a mené 291 actions de contrôle ciblées destinées à identifier des situations de travail dissimulé. Dans la majorité des cas, ces opérations ont permis de détecter des irrégularités : plus de huit contrôles sur dix ont abouti à un redressement. Autrement dit, lorsque les inspecteurs interviennent, les anomalies sont très souvent confirmées.
Mais l’action de l’organisme ne se limite pas aux contrôles répressifs. Une grande partie de son activité repose aussi sur la prévention. En 2025, 967 actions pédagogiques ont été réalisées auprès d’entreprises ou d’entrepreneurs. Ces interventions, menées sans présomption de fraude, visent à expliquer les règles et à corriger certaines pratiques avant qu’elles ne deviennent des infractions. Elles représentent près de 77 % des actions engagées dans la région.
Quand les données aident à détecter le travail dissimulé
Pour améliorer l’efficacité de ses contrôles, l’Urssaf s’appuie désormais davantage sur l’analyse de données. Cette méthode, souvent appelée datamining, permet de croiser différents indicateurs afin d’identifier les situations les plus à risque. L’objectif est d’orienter les inspections vers les dossiers les plus susceptibles de révéler une fraude.
Parallèlement, les équipes spécialisées dans la lutte contre le travail illégal ont été renforcées. Les inspecteurs disposent aujourd’hui d’outils d’analyse plus performants et d’une formation plus poussée pour détecter les montages complexes. L’Urssaf travaille également en coopération avec plusieurs institutions : police, gendarmerie, inspection du travail, Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI) ou encore Tracfin. Ces partenariats permettent de croiser les informations et de coordonner les actions face aux situations les plus sensibles.
Des redressements en nette progression
Les résultats publiés pour la région Midi-Pyrénées illustrent cette montée en puissance. Les montants redressés ont fortement augmenté ces dernières années. « Si l’on compare les deux périodes conventionnelles (2018-2022 vs 2023-2027), les montants redressés auprès des usagers implantés en Midi-Pyrénées ont augmenté de 66 % », souligne Jean Dokhelar, directeur de l’Urssaf Midi-Pyrénées. Selon lui, 65,8 millions d’euros ont été redressés à fin 2025, contre 39,7 millions d’euros à fin 2020.
Le nombre d’actions ciblées a lui aussi progressé. « Concernant les actions ciblées, leur nombre a augmenté de 41 % entre ces deux mêmes périodes », précise le directeur régional. Cette évolution se traduit également par une hausse du montant moyen des redressements. « Le montant moyen est passé de 78 098 € à fin 2020 à 106 734 € à fin 2025 », indique encore Jean Dokhelar.
Un enjeu de concurrence et de protection sociale
Au-delà des chiffres, la lutte contre le travail dissimulé vise aussi à préserver l’équilibre économique entre les entreprises. Les employeurs qui ne déclarent pas leurs salariés ou leurs activités réduisent artificiellement leurs coûts, ce qui peut créer une concurrence déloyale. En renforçant ses contrôles, l’Urssaf cherche donc à garantir des règles identiques pour tous.
Les cotisations récupérées participent également au financement du système de protection sociale. Chaque année, l’organisme collecte plusieurs centaines de milliards d’euros destinés à financer l’assurance maladie, les retraites ou encore les prestations familiales. Dans ce contexte, la détection des fraudes reste un enjeu majeur pour sécuriser ces ressources.























