La liste “Demain Toulouse”, conduite par le député LFI François Piquemal, dénonce un « délaissement des quartiers populaires » par la municipalité de Jean-Luc Moudenc. Elle promet, si elle est élue, un « choc de présence humaine » et davantage de décisions prises avec les habitants.
« Niveau insuffisant des services publics », « desserte des transports en commun insuffisante », « manque d’équipements municipaux de proximité »… La liste “Demain Toulouse”, conduite par le député LFI François Piquemal, fait état d’un « délaissement des quartiers populaires ». « Le seul prisme à travers lequel Jean-Luc Moudenc les traite, et, conséquemment, leurs habitants et habitantes, c’est sous l’angle de la démolition et de l’expulsion de populations au nom d’une prétendue mixité sociale », déplore la colistière Victoria Scampa. Pour appuyer ses dires, elle prend notamment l’exemple du Grand Mirail. « Là, ça a été une aberration à la fois sociale, dans la manière dont les gens ont été traités, humaine aussi ; quand on sait le nombre de personnes qui se trouvent à la rue actuellement, et écologique », estime la colistière qui dénonce « l’abandon et le mépris » des quartiers populaires. « C’est le chaos. Il n’y a plus rien dans les quartiers populaires. Le tissu associatif, notamment, a été abandonné », regrette le colistier Ahmed Dahrour de “Tous pour Toulouse” qui vit aux Izards.
S’il est élue, la liste “Demain Toulouse” promet qu’elle « construira une municipalité qui considère les quartiers populaires et leurs habitants comme faisant pleinement partie de Toulouse, au même titre que n’importe quel quartier du centre-ville ». Ainsi, elle souhaite « une politique avec les habitants de ces quartiers » et non plus contre eux. « Nous voulons essayer une chose qui n’a jamais été essayé ; c’est faire avec les premiers concernés », appuie la colistière Khemissa Slimane qui considère que sa liste est « légitime » pour représenter les personnes qui résident au sein de ces quartiers puisqu’ils sont plusieurs colistiers à y vivre. Pour cela, François Piquemal et son équipe misent sur des coopératives de quartier qui « permettront aux habitants de participer directement aux décisions » et une évaluation citoyenne en amont des grands projets « avec la possibilité de proposer des modifications, d’amender les projets ou de s’y opposer ».
Une police municipale de proximité et des foyers de vie collectif
Face au manque de services publics de proximité, “Demain Toulouse” compte « investir massivement et largement » pour « garantir une égalité territoriale ». Le colistier François Benoît-Marquié du “Collectif pour une écologie populaire” évoque, en premier lieu, une police municipale de proximité « avec quatre agents identifiés par quartier avec une formation spécifique sur la lutte contre les discriminations et une priorité mise sur la médiation et la relation avec les habitants ». « Plutôt que d’avoir une police municipale désincarnée, ce qui instaure un rapport de défiance, cette police de proximité sera présente, connue des gens et investie dans la vie du quartier. Ce qui rendra son travail soit beaucoup plus efficace », détaille-t-il. La liste de LFI et ses alliés ouvrira, par ailleurs, des centres de santé municipaux, « qui accueilleront des professionnels salariés », et déploiera des bus de santé itinérants dans ces quartiers touchés par les déserts médicaux. « Nous allons faire un choc de présence humaine », sourit le colistier Salah Amokrane de “l’Assemblée des quartiers”.
Alors que la jeunesse fait partie des premières préoccupations des habitants des quartiers populaires, selon “Demain Toulouse”, la liste veut « lutter contre le décrochage scolaire ». « Il faut prendre le problème à la racine, c’est-à-dire dès le plus jeune âge », juge Ahmed Dahrour. Sa liste propose ainsi « d’ouvrir les écoles sur les quartiers pour que les associations puissent utiliser les locaux le soir ce qui permettrait de mettre en place, avec le soutien de la Mairie, des sessions d’aide aux devoirs et de soutien scolaire ». Elle compte aussi créer des foyers de vie collectif « qui seraient des lieux de convivialité dans les quartiers » pour les jeunes aujourd’hui « livrés à eux-mêmes dans la rue ». « Cela pourra passer, dans un premier temps, par l’expérimentation de l’ouverture en soirée d’équipements publics, par exemple des gymnases ou des maisons de quartier, pour les associations de jeunesse », indique Ahmed Dahrour qui mentionne, par ailleurs un Fonds d’initiative jeunes destinés aux 15-25 ans des quartiers populaires « pour soutenir leurs projets » et des forums emploi et orientation.





















