Si la future autoroute A69 ne fait que 53 km, le dossier semble sans fin. Nos confrères de Mediacités viennent en effet de révéler l’existence d’un versement considérable de l’État à ce même concessionnaire. Une information confirmée ce mardi 3 mars à l’AFP par le ministère des Transports, qui évoque un montant de 79 millions d’euros, l’interruption du chantier entre février et mai 2025 ayant « bouleversé l’équilibre économique du contrat ».
Du côté d’Atosca, constructeur de l’autoroute, on indique qu’« une médiation a été menée par deux tiers indépendants entre l’État et l’entreprise afin de définir les conditions d’une reprise des travaux ».
Pour rappel, c’est une décision du tribunal administratif de Toulouse, fin février 2025, qui avait interrompu le chantier de l’autoroute devant relier Castres (Tarn) à Toulouse. Fin mai 2025, une décision provisoire de la cour administrative d’appel de Toulouse avait permis une reprise, avant une validation au fond de l’autorisation environnementale le 30 décembre. Le Conseil d’État est désormais saisi du dossier.
Le collectif d’opposants La Voie est Libre souligne qu’en mars 2025, « Atosca annonçait un coût faramineux de 180 000 euros par jour lié à l’arrêt du chantier, soit autour de 20 millions d’euros » pour la durée d’interruption. « Un montant que les finances publiques ne sont en rien tenues d’assumer, les risques étant à la charge du concessionnaire. »
« Ils sont responsables de ce retard »
Rapporteure du rapport spécial transport de la commission des finances, la députée écologiste de Haute-Garonne Christine Arrighi s’étonne d’avoir découvert ce dédommagement dans la presse et s’interroge sur la justification d’une telle somme. « J’ai écrit mardi soir au ministère des Transports pour qu’on m’éclaire sur le fondement juridique ou contractuel de ce versement et pour obtenir le rapport du médiateur », précise-t-elle.
Rappelant que trois nouvelles plaintes ont été déposées récemment pour des atteintes environnementales, l’élue estime que, « sur ces 53 petits kilomètres, Atosca a réussi à concentrer l’ensemble des dysfonctionnements écologiques, financiers et correctionnels ». « Ils sont responsables de ce retard. Et malgré ça, l’État leur verse 79 millions d’euros », lâche Christine Arrighi. Un montant qui plus est « quasiment divisé par deux par rapport aux demandes initiales » selon les déclarations du ministère des Transports à l’AFP.
La députée nous assure que cette somme n’apparaît nulle part dans le budget et révèle qu’elle sera « imputée sur le budget de l’agence de financement des infrastructures de transports ».
Bien loin des 23 millions d’euros de dépenses annoncés
Revenant sur les conditions d’attribution du marché à Atosca, Christine Arrighi pointe les 23 millions d’euros seulement qui devaient être à la charge de l’État et des collectivités dans ce projet. « C’est une des raisons pour lesquelles ils l’ont emporté alors que, dans le cahier des charges, le montant avait été estimé à 220 millions d’euros. Or, avec ces 79 millions d’euros, les 75 millions d’euros de l’apport en nature de la 2×2 voies entre Soual et Puylaurens et les nouveaux apports de 11 millions d’euros de la région Occitanie et 5 millions d’euros du département du Tarn, nous sommes aux 220 millions d’euros prévus. Les autres sociétés candidates sont en droit de s’interroger… »
Du côté d’Atosca, on assure que « le chantier continue à bien avancer », que « les ouvrages d’art sont terminés », et que ses équipes et celles du constructeur « sont concentrées sur la réussite technique et opérationnelle du projet, dans l’intérêt du territoire » pour une livraison au second semestre 2026.























