« Alors que nous devions arrêter de payer le gardiennage en mai 2025, nous continuons d’enchaîner les factures et désormais on risque d’en reprendre encore pour un an car le groupe les Chalets veut recommencer la procédure », s’insurge Angie Reyès, propriétaire d’un appartement T2 de la tour des Mazades à Toulouse (Haute-Garonne). « Je suis en colère, on nous envoie les huissiers alors que certains copropriétaires se sont endettés pour payer ces charges excessives et les travaux recommandés ».
Depuis janvier 2025, c’est la galère pour les 84 copropriétaires de cet immeuble d’un quartier populaire du nord de la Ville rose. Après avoir perdu la dérogation aux normes de la réglementation sur la sécurité incendie pour les immeubles de grande hauteur (IGH), ils s’acquittent de 685 euros par jour pour rémunérer un agent certifié 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Alors qu’un avis levant l’obligation de sécurité a été émis en mai 2025, rien n’a bougé malgré des travaux réalisés par les copropriétaires pour environ 40 000 euros.
« Ces économies devaient me servir plus tard »
Pris à la gorge financièrement, ils ont engagé un avocat pour faire le point sur cette obligation de sécurité pour les immeubles de grande hauteur. La Tour des Mazades, datant de 1960, n’est pas concernée puisqu’elle n’a pas été classée IGH et que les décrets postérieurs à cette date ne sont pas applicables. Les copropriétaires ont alors demandé que le gardiennage de la société de surveillance privée, en plus du concierge, prenne fin en janvier, afin d’alléger leur facture. Le concierge continue d’assurer une présence humaine le temps que l’ensemble des prescriptions techniques encore en cours soient levées.
Une décision qui devait être validée lors d’une assemblée générale extraordinaire ce 21 mai 2026 par les copropriétaires et le bailleur social Les Chalets, qui gère 76 logements dans cette tour de 19 étages. Alors que les habitants croyaient enfin apercevoir le bout du tunnel, ils ont appris que les Chalets refusent cette solution, préférant solliciter une nouvelle dérogation auprès de la préfecture. « Les Chalets sont majoritaires et les charges exorbitantes ne pèsent pas pour eux comme sur nous, peste Monique Caradant, retraitée propriétaire d’un petit appartement depuis trente ans dans cette tour. On est pris en otage alors que rien n’oblige à avoir cette surveillance. Je paye 210 euros au lieu de 130 avec des économies qui devaient me servir plus tard ».
Le bailleur veut s’assurer de la conformité du dispositif
De son côté, La SA des Chalets, en sa qualité de copropriétaire du bâtiment D des Mazades, rappelle qu’elle est soumise, comme les autres copropriétaires, à cette réglementation sécurité incendie contraignant à faire assurer la surveillance de l’immeuble par agent 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.
« Comme tout copropriétaire, la SA des Chalets est favorable à l’allégement du dispositif de surveillance au regard des lourdes charges pesant sur l’ensemble des copropriétaires. Toutefois, elle souhaite avoir l’assurance que le dispositif allégé, nouvellement mis en place, est bien conforme aux attentes de la sous-commission départementale de sécurité incendie. Il n’est en effet pas envisageable pour la SA des Chalets de mettre en jeu la sécurité des personnes en cas d’incendie ». À ce jour, le bailleur social assure être toujours dans l’attente de cette confirmation.













