Les climatiseurs poussent sur les façades toulousaines comme des champignons après la pluie. Avec des étés qui battent régulièrement des records de chaleur, la métropole rose est devenue l’une des premières villes françaises en termes d’équipement. Résultat : boîtiers blancs disgracieux, câbles apparents et grilles métalliques font désormais partie du paysage urbain.
À Balma, une entreprise familiale a décidé de s’attaquer à ce problème du quotidien, à coups de composite d’aluminium et de savoir-faire local.
Deux frères, un atelier, une idée
Tout commence en 2016, rue des Frères Peugeot à Balma. Pierre et François Chantriaux fondent USIPANEL, une société spécialisée dans l’usinage de panneaux plastique et bois, principalement destinée aux professionnels de l’aéronautique et du traitement de l’eau. L’entreprise tourne bien, s’installe dans son créneau.
Puis arrive la crise sanitaire de 2020. Comme beaucoup de PME, USIPANEL doit se réinventer. Les deux frères pivotent vers la fabrication de vitres “anti postillons” pour les commerces. Cette capacité d’adaptation leur donne une idée : pourquoi ne pas appliquer leur expertise à un autre marché en pleine expansion, celui de la climatisation résidentielle ?
C’est ainsi que naît MyCover-Up, la branche grand public d’USIPANEL, dédiée aux caches pour unités extérieures de climatiseurs et de pompes à chaleur. Le principe est simple sur le papier, mais l’exécution, elle, est tout sauf banale.
L’argument du sur mesure, unique sur le secteur
Ce qui distingue MyCover-Up du lot des concurrents importés, souvent des structures métalliques standardisées venues d’Asie, c’est le niveau de personnalisation proposé. Chaque cache est fabriqué aux dimensions exactes du groupe extérieur du client, au millimètre près. L’acheteur configure son produit en ligne via un outil 3D : il choisit ses dimensions, son motif, sa texture. Effet acier corten pour une façade industrielle, imitation chêne tissé pour une terrasse en bois, blanc épuré pour s’effacer discrètement sur un mur clair, des centaines de combinaisons sont disponibles.
Le matériau retenu, le composite aluminium, n’est pas un choix anodin. Léger, résistant aux UV, insensible à la rouille, il supporte sans broncher les canicules estivales comme les gelées hivernales. Les finitions sont thermolaquées, une technique qui garantit une tenue des couleurs dans la durée bien supérieure à une peinture classique. Le cache protège la machine des intempéries tout en préservant, car c’est crucial, une circulation d’air optimale. Pas question de transformer l’unité extérieure en four : des optimisations spécifiques sont intégrées dès la conception pour éviter toute surchauffe.
Commande passée, le cache est fabriqué et expédié depuis l’atelier de Balma en deux semaines maximum. À réception, le montage ne dépasse pas une demi-heure, visserie inoxydable et gabarit de perçage fournis.
Du vrai Made in France, et même Made in Balma
Chez USIPANEL, la fabrication française n’est pas un argument marketing sorti pour l’occasion. C’est une contrainte volontairement choisie depuis le départ, qui structure toute la chaîne de production. Conception, découpe, finitions : tout est réalisé dans l’atelier balmanais. Ce parti pris a un coût, mais il garantit un contrôle qualité constant et une réactivité que les produits standardisés importés ne peuvent pas offrir. Pour les fondateurs, soutenir l’économie locale et défendre un savoir-faire artisanal font partie intégrante de l’identité de la marque.
Un marché qui dépasse le simple particulier
Si MyCover-Up s’adresse d’abord aux particuliers, la demande venant des professionnels prend de l’ampleur. Hôtels souhaitant préserver l’esthétique de leur façade, commerces en centre-ville, bailleurs de logements collectifs : les cas d’usage se multiplient.
De son côté, USIPANEL continue de servir ses clients industriels, notamment dans l’aéronautique et la chaudronnerie plastique. Cette double activité donne à l’entreprise une solidité que bien des startups monoactivité lui envient.
Avec le réchauffement climatique qui s’installe durablement dans le Sud-Ouest et les ventes de climatiseurs qui ne fléchissent pas, le marché sur lequel surfe MyCover-Up n’est pas près de se tarir. À Balma, on n’a pas inventé la climatisation. Mais on a peut-être trouvé comment la rendre un peu plus sympathique à regarder.

















