Plus d’une heure avant le meurtre des Izards, des coups de feu ont été tirés dans le quartier de Bellefontaine, samedi soir à Toulouse. Pas de blessé, ni de lien avec l’homicide, mais cet autre quartier toulousain vit sous la tension du trafic.
Que se passe-t-il à Bellefontaine, la dernière cité du grand Mirail ? Les nuits se succèdent avec autant d’actes d’intimidation divers quand les jeunes habitants, lunettes noires sur le nez, ne jouent pas les « Scarface » menaçant le clan d’en face via TikTok. Qui ? Ceux de la Reynerie avec qui tous les mauvais coups sont permis.
Des violences qui se jouent encore sur fond de trafic et de défense de points de deal. À « Bellefont », le Tintoret, mais aussi Duhamel-Pergaud abritent depuis des années des points de vente. Comme dans d’autres sites de Toulouse, le deal y est très organisé, moins rentable qu’avant le Covid mais toujours actif. Et hyperprotégé par de jeunes individus qui se croient investis d’un droit de défense.
De nuit, des habitants, des chauffeurs de passage se sont retrouvés bloqués, armes sous le nez, à devoir répondre à des questions agressives. Pourquoi ? Les dealers et leurs proches craignent un « coup de chaud » du camp d’en face. En août 2025, un garçon de 23 ans a été tué. L’enquête n’a pas déterminé par qui. Mais au pied des tours, aucun doute. « Forcément quelqu’un qui en veut à notre four », affirme, verbe haut et vocabulaire choisi, ou pas, un habitué du Tintoret.
Quatre coups de feu
Samedi soir, la mort n’avait pas encore frappé aux Izards mais des tirs ont secoué les immeubles du cheminement Le Titien, vers 21 h 45. Quatre coups de feu, en l’air. « Pas de trace de blessé », confirme le commissaire de police de permanence. Sur place, la police n’a pas retrouvé trace des tireurs, arrivés sur un deux-roues, cagoules enfilées pour dissimuler leur visage, mais quatre douilles au sol, preuve de la réalité de ce nouveau coup de semonce.
Et au petit matin, dimanche, les effectifs de la police, soutenus par des CRS, ont mené une vaste opération de contrôle. Un jeune homme a été interpellé. Pas d’infraction mais des photos et vidéos « troublantes » dans son téléphone.
















