Victime d’une chute de huit mètres sur un chantier en novembre 2011, Julien Darmigny a frôlé la mort. Entre coma, centaines de fractures, faillite de ses entreprises et dix ans de surendettement, cet ancien chef d’entreprise a traversé une descente aux enfers avant de reconstruire sa vie à Toulouse, porté par le rugby, le rire et une détermination hors norme.
« Les médecins m’ont dit que je ne passerais pas la première nuit. » Quinze ans après l’accident qui a bouleversé sa vie, Julien Darmigny raconte son histoire avec un calme presque déconcertant. Pourtant, le parcours de cet homme de 48 ans ressemble à un véritable miracle. Cet entrepreneur était à la tête de deux entreprises prospères, l’une spécialisée dans les piscines et l’autre dans les énergies renouvelables.
Une chute de huit mètres et huit arrêts cardiaques
Le 7 novembre 2011, alors qu’il intervient sur un toit agricole près de Dijon pour installer des éléments de sécurité, il chute de huit mètres. Il s’écrase à plat ventre sur une dalle en béton. Sa tête heurte violemment une bordure de trottoir. Le bilan est effroyable : huit arrêts cardiaques, trois semaines de coma, plus de 300 fractures sur l’ensemble du corps et des dizaines d’opérations. « J’ai laissé des bouts d’os sur le chantier », raconte-t-il.
À son réveil, Julien ne tient plus debout. Il doit tout réapprendre : marcher, manger, vivre. Les deux bras plâtrés, il passe du fauteuil roulant électrique aux béquilles. « Quand une infirmière vous donne à manger à la petite cuillère à 33 ans, on se sent comme un bébé », souffle-t-il.
300 000 euros de dettes
Autour de lui, le rugby devient un soutien vital. Ancien joueur puis éducateur au Stade dijonnais, il bénéficie d’une solidarité sans faille. Ses amis maintiennent même ses entreprises à flot pendant sa longue rééducation. Mais en 2013, l’évidence s’impose : affaibli, il ne peut plus diriger ses sociétés comme avant. Il doit les liquider et se retrouve avec 300 000 euros de dettes à rembourser.
Commence alors une autre épreuve : dix années de surendettement. Lorsqu’il arrive à Toulouse en 2015 pour travailler chez Eiffage Énergie, sa carte bancaire est bloquée après la validation de son dossier Banque de France. Pendant une semaine, il mange « les croquettes du chien » en attendant sa nouvelle carte.
Mais Julien refuse de sombrer. Il entreprend un suivi psychiatrique, convaincu que la reconstruction mentale est aussi importante que les soins physiques. « En France, on soigne le corps, mais pas assez le cerveau après un traumatisme pareil », estime-t-il.
Une nouvelle vie à Toulouse
Malgré ses séquelles – un œil gauche aveugle, une main partiellement paralysée et des plaques métalliques à vie dans le bras – il retrouve progressivement un équilibre. À Toulouse, il renoue avec ses passions : le rugby féminin à Colomiers où il devient vidéaste, et les spectacles du café-théâtre des 3T qu’il qualifie « d’antidépresseur ».
Depuis octobre 2025, son dossier de surendettement est enfin clôturé. Et Julien veut croire à une nouvelle vie. Son rêve : recréer une entreprise dans les piscines, son métier passion. « Je veux prouver qu’avec un handicap, on peut encore entreprendre. » Il tient maintenant à remercier tous ses proches, le rugby, le café-théâtre des 3T et le club Bizclub qui a partagé son histoire sur LinkedIn.
















