Dans son cocon toulousain de la rue d’Arc, la styliste Céline Ménard imagine des pièces uniques dans des matières nobles. La designer toulousaine signe avec sa collection Héritage des robes de mariée durables, modulables et pensées pour être transmises ou transformées au fil du temps.
Dans son showroom toulousain, la styliste Céline Ménard accueille ses clientes avec un petit plateau de pâtisseries orientales posé sur la table basse. Une délicate attention qui reflète le soin qu’elle insuffle à chaque rencontre. Un mètre ruban autour du cou, cette styliste de 39 ans façonne des robes de mariée sur mesure à la fois intemporelles et contemporaines depuis une dizaine d’années. Pour la saison 2027, elle a imaginé une collection baptisée Heritage, au sein de sa marque Maison de Transmission.
Situé au 1, rue d’Arc, à deux pas du magasin Décathlon, son atelier offre une parenthèse intimiste. Céline Ménard travaille aux côtés de Sarah Fekir, coiffeuse et maquilleuse spécialisée dans l’univers du mariage. La fleuriste Mimo ainsi qu’un photographe et vidéaste complètent cette équipe dédiée au grand jour.
« Comprendre qui est ma cliente »
Le travail de Céline Ménard commence toujours par une écoute attentive. « Mon rôle, c’est de comprendre qui est ma cliente », annonce-t-elle. Elle cherche à cerner le tempérament et le style de chacune, qu’il soit néo-bohème, romantique ou minimaliste…, pour concevoir une tenue en parfaite adéquation avec sa personnalité. Céline Ménard refuse de fermer la porte à certaines coupes en fonction des silhouettes : « Je n’aime pas mettre les gens dans des cases par rapport à leur morphologie. Je pense qu’en fait, tout dépend de la façon dont on va assumer son corps », annonce-t-elle.
Au sein de son espace d’essayage, une vingtaine de modèles servent de base de création. Tout est entièrement fabriqué à Toulouse avec l’aide de deux couturières locales, Marion et Agnès. Les pièces peuvent se mixer, se modifier ou être imaginées à partir d’une feuille blanche. Les tenues s’adaptent ainsi à toutes, offrant des associations modulables, comme un haut en dentelle ajusté sur un bas uni, ou l’ajout d’un jupon en tulle volumineux pour transformer la ligne d’un vêtement en cours de journée.
À partir de 2 300 €
Parmi ses créations phares, on trouve des robes épurées en crêpe de soie lavé à l’effet peau de pêche, dotées d’un décolleté qui se noue autour du cou comme un foulard, ou des modèles coupés dans le biais qui dessinent la silhouette sans aucune découpe à la taille, ou encore des dos nus époustouflants… Les tarifs débutent à partir de 2 300 euros pour une robe unie à fines bretelles mise aux mesures, et évoluent selon le travail de dentelle, l’ajout de manches ou de détails sur mesure, avec un budget moyen observé de 3 000 euros.
Pour concevoir ces pièces d’exception, la créatrice privilégie exclusivement des matières nobles et naturelles, telles que la dentelle de Calais, le coton bio ou les crêpes de soie lavés. Elle rejette les textiles synthétiques : « S’habiller en polyester, c’est s’habiller dans une bouteille en plastique. Tandis que chez nous, on est sur des matières naturelles qui respirent », souligne la styliste.
Cette exigence de qualité s’inscrit dans une démarche globale de transmission. À travers sa nouvelle collection, baptisée Héritage, elle aspire à créer des pièces capables de traverser les générations. Sensible à une production raisonnée et artisanale, elle souhaite offrir aux femmes des créations durables et transmissibles : « Je voudrais que ce soient des robes qui puissent traverser le temps. Que la mère puisse passer sa robe à sa fille, que cela devienne des reliques de famille. Et qu’on n’hésite pas à les recouper ou à réutiliser leurs dentelles pour donner vie à d’autres vêtements », conclut la styliste.

















