Nuisances, incivilités, vols et violences : avenue des États-Unis à Toulouse, commerçants et riverains dénoncent une dégradation de leur quotidien depuis l’installation d’un squat il y a environ un an. Une procédure d’expulsion est désormais engagée et une audience pourrait se tenir début octobre.
« C’est catastrophique ! Ce squat, c’est insupportable. Jusqu’à présent, ils déambulaient dans le quartier. Depuis quelques mois, il y a de l’agressivité, de la prostitution, de la drogue et des vols. Un restaurant s’est fait voler sa caisse. Une cliente a eu son collier arraché. Ils cassent des voitures, insultent les passants. Depuis un an, on ne peut plus manger en terrasse. Ça va mal finir ! On a une réunion avec la maire de quartier le 5 octobre. »
Le témoignage d’André Schroun, propriétaire de la bijouterie Le Poinçon d’or et président de l’association des commerçants, résume le désarroi exprimé par plusieurs commerçants rencontrés avenue des États-Unis. Depuis environ un an, au numéro 50, une vingtaine de personnes occupent illégalement un appartement.
« Certains urinent contre des poubelles »
Quelques minutes dans le quartier suffisent pour constater de nombreuses allées et venues, notamment de jeunes hommes. Ce samedi matin, l’un d’eux, une canette de bière à la main et la veste ouverte sur un torse nu, attend près d’un feu tricolore, le regard dans le vague.

La situation s’est dégradée ces derniers mois, constatent plusieurs commerçants et riverains. « Parfois, ils crient, surtout le soir. Ils m’interpellent », témoigne une jeune femme souhaitant rester anonyme. « J’en ai vu certains uriner contre des poubelles. C’est sûr que j’éviterais de venir ici le soir ! », ajoute Sonia, une grand-mère qui promène son petit-fils en poussette.
Les commerçants pâtissent particulièrement de la situation. Outre les nuisances sonores, ils font état de disputes ayant dégénéré, d’incivilités et, pour certains, de trafic de drogue.
Mourad, attablé à l’extérieur de la bijouterie mitoyenne du squat, affirme que sa voiture, garée à proximité, a été cambriolée. « Il y a un mois et demi, vers 9 heures du matin, ils ont cassé une vitre et pris mon téléphone portable. J’en ai vu quelques-uns voler des jeunes femmes. »
« Il y a beaucoup de bagarres, de bruit. On voit chaque jour des visages différents. Certains clients ne viennent plus à cause du squat », affirme Eloudi Abdeldsart, gérant de la boulangerie en question, accolée à l’appartement.
« Il y a tout le temps des problèmes »
Cette agressivité, l’un de ses voisins, manager d’un restaurant, souhaitant rester anonyme, affirme en avoir fait les frais. « Je suis désespéré ! Depuis qu’il y a ce squat, il y a tout le temps des problèmes. » Il énumère les incidents auxquels son établissement serait confronté : demandes répétées d’argent ou de nourriture au personnel et aux clients, insultes en cas de refus, nuisances sonores, fortes odeurs, personnes alcoolisées refusant de sortir du restaurant et qu’il faut raccompagner de force vers la sortie, mais aussi plafonds endommagés à la suite, selon lui, de dégâts des eaux provenant de l’appartement occupé.
« Depuis un an, le chiffre d’affaires est en forte baisse. Les clients ne veulent plus venir. L’autre jour, il y avait une bagarre. Le plat des clients était prêt, mais ils ne voulaient pas rester et ne souhaitaient même pas prendre leur nourriture à emporter. Je suis triste pour ces commerces. »
Originaire d’un pays d’Asie du Sud et installé en France depuis douze ans, le restaurateur se dit très surpris qu’une telle situation puisse perdurer. « Quand j’ai découvert ce système de squat, ça m’a choqué. On attend depuis longtemps le moment où ils ne seront plus là et où l’on pourra commencer les travaux. »
Une procédure d’expulsion est désormais engagée. Interrogée par La Dépêche il y a une dizaine de jours, la préfecture nous a renvoyés vers le tribunal judiciaire de Toulouse. Selon nos informations, une demande d’expulsion des occupants sans droit ni titre a été transmise au tribunal. L’affaire pourrait être examinée le 2 octobre, une date qui reste à confirmer par la juridiction.
















