Prenant la suite du père Bogdan Velyanyk, Xavier d’Arodes a été officiellement installé dans le fauteuil de curé de la basilique Saint-Sernin dimanche 1er novembre par Monseigneur de Kerimel. Il arrive, doté d’une large expérience : plusieurs doctorats – en économie, philosophie et théologie – et il parle couramment six langues. Conseiller ecclésiastique à l’Ambassade de France près du Saint-Siège en 2017, il va s’occuper de l’une des grandes paroisses de Toulouse, très fréquentée par les touristes.
Monseigneur Xavier d’Arodes vient d’être installé curé de la paroisse de Saint-Sernin ce dimanche. Un défi pour cet ecclésiastique passé par Rome et qui se retrouve à la tête d’un site très fréquenté.
Quel est votre sentiment alors que vous venez d’être installé ?
Pour moi, c’est un grand honneur, comme Toulousain. Chaque Toulousain a une histoire particulière avec la Basilique. Pour ma part, j’y retrouve des liens familiaux anciens, j’ai fait mes études au lycée Fermat et c’est dans la Basilique que j’ai célébré ma première messe après avoir été ordonné prêtre à la cathédrale Saint-Étienne.
Vous êtes coordinateur du pôle de lutte contre les abus et aumônier national de Lourdes Cancer Espérance, comment allez-vous concilier ces charges ?
C’est l’un des défis de pouvoir cumuler ces missions, d’où l’importance de l’équipe de prêtres qui m’entoure. Nous voulons vivre ensemble une vie de fraternité. La dimension universitaire est également importante puisque les trois prêtres à mes côtés sont aussi enseignants à l’Institut Catholique de Toulouse. Enfin, au niveau paroissial, nous voulons développer l’accueil des nombreux jeunes qui demandent le baptême et découvrent la foi.
Vous avez eu des fonctions importantes à Rome auprès du pape Benoît XVI mais également au sanctuaire de Lourdes, comment redevenir curé ?
C’est simple : j’ai répondu à la sollicitation de mon évêque ! Bien sûr, j’espère apporter dans cette nouvelle fonction cette expérience et cette ouverture que m’ont données mes missions antérieures. À la Basilique, nous accueillons chaque jour une multiplicité de personnes venant du monde entier et il faut y être attentif. Mais il s’agit aussi d’accueillir les gens du quartier, les connaître, nouer avec eux des amitiés et monter ensemble des projets. C’est ce que nous essaierons de faire ensemble.
La Basilique est au carrefour des lycées Ozenne et Saint-Sernin. Que vous inspire cette proximité dans le contexte actuel ?
Je suis frappé de la bienveillance des jeunes envers nous. Pendant les manifestations, nous sommes passés sans problème au milieu d’eux avec le col romain et ils nous saluaient : bonjour mon Père ! Je vois qu’il y a une quête de sens parmi ces jeunes. Ils sont inquiets et ils ne veulent pas rater leur vie. Ils ont le sentiment qu’on ne leur en donne pas les moyens, qu’on ne les écoute pas. Vouloir réussir sa vie, vous savez, cela rejoint une intuition très profonde du christianisme qui est justement que tout un chacun puisse accomplir sa vocation.




















