Alors que leur fils Valentin, atteint d’une leucémie aiguë lymphoblastique B, poursuit un lourd protocole de chimiothérapie à l’hôpital Purpan, ses parents, Séverine Laforet et Christopher Lebon, continuent de se battre sur plusieurs fronts. Confrontés à des difficultés administratives et financières liées à un accident du travail contesté par la mère et à l’arrêt d’activité du père pour accompagner leur enfant malade, ils ont adressé un courrier à l’Élysée pour demander un réexamen de leur situation.
Il y a les traitements, les hospitalisations, les rendez-vous médicaux. Et puis il y a tout le reste.
Depuis plusieurs mois, la vie de Séverine Laforet et Christopher Lebon est entièrement tournée vers leur fils Valentin, un jeune garçon de 3 ans atteint d’une leucémie aiguë lymphoblastique B. Le combat contre la maladie se poursuit, avec des signes encourageants mais un protocole encore long.
« Les médecins nous disent que les ponctions lombaires ne montrent pas de cellules malades. Mais les chimios vont encore durer un an et demi », explique sa mère.
La semaine dernière encore, Valentin a passé quatre jours à l’hôpital Purpan pour une nouvelle cure. Une complication liée à son porte-à-cath fait craindre une infection locale. Les effets secondaires sont toujours présents. « Il saigne régulièrement du nez. On est en lien avec les médecins pour savoir s’il faut le revoir », raconte Séverine.
À partir du 23 juin, l’enfant entrera dans une phase dite de maintenance, avec des chimiothérapies administrées à domicile par sonde, des injections régulières et une hospitalisation mensuelle.
« On est fatigués », reconnaît simplement la mère de famille.
Une bataille avec la CPAM
Mais au-delà de la maladie de leur fils, les parents doivent aussi affronter un autre combat.
Victime d’un accident du travail en mai 2025, Séverine Laforet conteste la décision du service médical de la CPAM qui a considéré son état comme consolidé au 10 janvier 2026 et interrompu le versement de ses indemnités journalières.

Dans le courrier adressé au président de la République, elle décrit de nombreuses séquelles persistantes : troubles de la mémoire et de l’attention, migraines invalidantes, fatigue importante, douleurs cervicales et souffrance psychologique. Plusieurs certificats médicaux, neurologiques et orthophoniques joints au dossier attestent selon elle de ces difficultés.
« J’ai revu le neurologue fin mai. Certains résultats montrent même une baisse sur certains tests de mémoire », affirme-t-elle.
La procédure est désormais entre les mains de la Commission médicale de recours amiable (CMRA), dont la décision n’est pas attendue avant l’été. D’ici là, l’incertitude demeure.
« Depuis janvier, ça n’a pas bougé. J’ai envoyé beaucoup de pièces complémentaires, mais je ne sais même pas si elles ont été ajoutées à mon dossier », regrette-t-elle.
Une dette potentielle de plus de 9 000 euros
L’angoisse est d’autant plus forte que l’employeur de Séverine poursuit actuellement le maintien de salaire par subrogation.
Si la CMRA confirmait la décision initiale, plusieurs mois d’indemnités pourraient être réclamés rétroactivement.
« À la fin du mois de juin, on approchera déjà les 9 000 euros », explique la mère de famille.
Une somme impossible à rembourser pour un foyer déjà fragilisé. Christopher Lebon a en effet cessé son activité professionnelle pour accompagner Valentin dans son parcours de soins. Il bénéficie actuellement de l’allocation journalière de présence parentale (AJPP), dont le renouvellement devra prochainement être demandé.
L’espoir d’être entendus
Face à cette accumulation de difficultés, le couple a multiplié les démarches auprès des administrations, du Défenseur des droits, des organismes sociaux et d’associations de parents d’enfants atteints de cancer.
Début juin, ils ont franchi une nouvelle étape en adressant un courrier de plusieurs pages au président de la République.
« Nous ne demandons pas un traitement de faveur », écrivent-ils. « Nous demandons simplement qu’un regard humain, juste et approfondi soit porté sur notre situation. »
Le couple y décrit une famille « épuisée physiquement, moralement, administrativement et financièrement », qui souhaite avant tout retrouver un peu de sérénité pour accompagner son fils dans sa lutte contre la maladie.
La cagnotte en ligne a déjà rapporté près de 4 000 euros
Pour faire face à la chute de ses revenus et aux nombreuses dépenses liées à la maladie de Valentin, sa famille a lancé une cagnotte en ligne. La mobilisation a permis de récolter entre 3 000 et 4 000 euros. « C’est énorme, surtout quand on sait que beaucoup de personnes qui ont donné ne nous connaissent pas », souligne Séverine Laforet. « C’est très touchant. » Cette somme apporte un peu d’oxygène à la famille, mais elle ne suffira pas à couvrir les difficultés financières qui s’accumulent. Les parents redoutent notamment qu’une décision défavorable de la Commission médicale de recours amiable les oblige à rembourser plusieurs mois de maintien de salaire, soit plus de 9 000 euros. Au-delà de l’aide financière, cette vague de solidarité constitue surtout un soutien moral précieux dans le combat quotidien mené autour de Valentin.












