Manifestations, commerces barricadés, gaz lacrymogènes… Depuis le 17 octobre, les mobilisations du samedi à Toulouse ont marqué les esprits et pourraient bien avoir des conséquences sur le tourisme. En pleines vacances de la Toussaint, la Ville rose continue d’accueillir des visiteurs, malgré les images de débordements qui circulent. Mais entre les touristes qui maintiennent leur séjour et les professionnels qui constatent des annulations, quel est l’impact réel de ces manifestations sur le tourisme toulousain ? On fait le point.
Les images n’ont pas manqué de faire réagir. Celles de touristes avec leurs valises au milieu des manifestants et des gaz lacrymogènes, ou encore celles de visiteurs étrangers bloqués en pleine manifestation. Dans le contexte social actuel, marqué par des mobilisations parfois ponctuées de débordements et qui se répètent chaque week-end depuis le 17 octobre, plusieurs secteurs d’activité sont impactés. Parmi eux, le tourisme pose question. À Toulouse, en pleines vacances de la Toussaint, la Ville rose a-t-elle attiré les touristes à la hauteur de sa renommée ou a-t-elle été impactée par les manifestations ?
Des touristes bel et bien présents
En cette deuxième semaine des vacances de la Toussaint, le beau temps semble avoir eu raison des manifestations. Avec des températures encore fort agréables, les Toulousains, mais aussi les touristes, étaient bel et bien de sortie. Pour Javier et sa famille, venus tout droit de Pampelune, en Espagne, les manifestations n’étaient pas un motif suffisant pour annuler leur séjour. « On avait réservé depuis longtemps alors, quand on a vu à la télé ce qu’il se passait, on s’est posé la question. Mais au final, on n’a pas annulé. Ce sont des mouvements qui commencent à monter un peu partout en Europe, en Espagne aussi. Alors, si on peut le vivre chez nous, pourquoi pas ailleurs », analyse le père de famille dans un français presque parfait.
« Je viens chez ma fille la moitié du mois. Sinon, je suis à Strasbourg. Chez nous, c’était plutôt calme le 17 octobre. Mais ici, j’ai vu des images, même les commerces barricadés, ça fait peur. Mais ce n’est pas pour autant que je ne viens pas voir ma fille », indique Denise, sac à dos sur les épaules, place du Capitole. Dans les ruelles de la Ville rose, les touristes semblent bel et bien présents, entre ceux qui parlent des langues étrangères et ceux qui photographient chaque coin de rue.
Des professionnels qui dressent un premier bilan
Mais du côté des professionnels, le premier bilan est bien moins positif. Dans le secteur hôtelier, les mobilisations ont bel et bien des conséquences. En centre-ville, sur les 12 établissements interrogés par le Club hôtelier, 10 se disent impactés par le mouvement, avec un taux de baisse de fréquentation de 83,3 % et un taux d’annulation de 75 %. Les pertes sont estimées entre 60 000 et 65 000 euros.
Les établissements situés dans le secteur de l’aéroport et en périphérie semblent moins touchés. Sur les cinq établissements interrogés par le Club hôtelier dans ces deux secteurs, les baisses de fréquentation oscillent entre 50 % et 66,7 %. Les annulations sont également au rendez-vous, avec des pertes de chiffre d’affaires dépassant les 30 000 euros, notamment pour les établissements en périphérie.
La Chambre de commerce et d’industrie de la Haute-Garonne confirme cette tendance : « L’ensemble des activités économiques du centre-ville est impacté par la baisse de fréquentation observée depuis le début des mobilisations. Les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme n’échappent pas à cette tendance et plusieurs professionnels font état d’annulations ou de reports de réservations ».
Un tourisme impacté, mais pas catastrophé
Pour autant, les professionnels tentent de continuer à attirer les visiteurs. Sur les réseaux sociaux, des vidéos émergent, mettant en parallèle les images de Toulouse les jours de manifestation et la beauté de la Ville rose lorsque les rues retrouvent leur calme.
Pour l’heure, aucun chiffre officiel sur une éventuelle baisse de fréquentation touristique n’a été établi par l’office de tourisme de Toulouse, le Comité départemental du tourisme ou encore la mairie. Cette dernière indique simplement que, ponctuellement, les jours de manifestation, des stratégies d’évitement du centre-ville peuvent être observées. Une situation qui entraîne une baisse de fréquentation des commerces ces jours-là, sans toutefois se traduire par une baisse significative des compteurs touristiques.
Si la situation devait se prolonger, le tourisme pourrait donc être davantage impacté. Pour l’heure, les conséquences restent modérées à l’échelle du secteur touristique, tandis que les professionnels tentent de continuer à attirer les visiteurs et de les rassurer.













