Ils se sont croisés en fin de soirée, dans l’escalator du métro Capitole. Lui, totalement ivre. Elle, éruptive. Mais le jeune diplômé lui a-t-il volontairement touché les fesses comme elle l’affirme ?
Septembre 2020, vers 4 heures du matin, métro Capitole, à Toulouse. Les agents Tisséo alertent la police. Ils retiennent un étudiant de 22 ans soupçonné d’agression sexuelle sur une jeune femme de 19 ans.
Cet homme, c’est Ziad. Cinq ans après les faits, le voilà devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Cet ingénieur en informatique célébrait l’obtention de son diplôme. « Je ne bois pas d’habitude. Ce soir-là, j’ai beaucoup consommé ». Whisky orange, whisky coca. « Il a bu comme jamais », sous l’impulsion de ses camarades, confirme son avocat, Me Pierre Le Bonjour.
Elle lui décoche une paire de baffes
Le reste ? Il n’en conserve « aucun souvenir », contrairement à la plaignante. Lorsqu’ils se croisent dans l’escalator, il se penche vers elle. Les images de vidéoprotection en attestent. Ce qu’elles ne montrent pas, c’est cette main qui se serait égarée sous sa jupe, sous laquelle un short proscrivait l’accès à son intimité. Un groupe de fêtards passe dans le champ pile au moment critique.
Choquée mais réactive, la victime décoche deux baffes au fêtard fraîchement diplômé qui en tombe à la renverse dans l’escalier mécanique. Et si, en d’autres temps, l’offense eût été jugée réparée en de justes proportions, la judiciarisation de la société conduit l’affaire à la barre du tribunal correctionnel, cinq ans après les faits et deux expertises psy contradictoires.
« Ni mon identité, ni mes valeurs »
Casier vierge, Ziad se veut repentant. « Cela ne reflète ni mon identité, ni mes valeurs. Je suis profondément mal à l’aise de me retrouver ici ». Sa conscience a zappé la soirée. Et comme les caméras ne montrent pas la scène, la défense y voit un biais pour contrer les 6 mois de prison avec sursis requis par le parquet et les 2 000 euros sollicités par la plaignante, absente à l’audience, qui dit s’être sentie « sale et honteuse ».
« On ne voit que la réaction de la dame sur les images. Mais dans quel état était-elle ? Alcoolisée ? Énervée ? S’il y a eu geste, était-il forcément à connotation sexuelle ? Comment prouver qu’il a volontairement touché les fesses de cette femme ? Rien ne permet de l’affirmer, sauf à préjuger, par sexisme », tranche Me Le Bonjour. Le tribunal, présidé par Caroline Froehlicher, a été sensible à ces arguments juridiques. Relaxé.























