À Toulouse, la tension ne cesse de monter entre la liste de la gauche hors LFi de François Briançon et celle du député Insoumis François Piquemal. L’hypothèse de la fusion au second tour s’éloigne sans être définitivement écartée. D’où une guerre d’usure que seul le premier tour devrait arbitrer.
Y aura-t-il fusion ou pas entre la liste du PS, des Écologistes et de leurs neuf alliés conduite par François Briançon et celle de François Piquemal (LFI, NPA, Assemblée des quartiers…) ? À Toulouse, la question clé du second tour se pose dès le premier tour… C’est dire à quel point elle a envahi toute la campagne des municipales.
Pourquoi ? Parce que sur le papier, la gauche est majoritaire, comme l’a montré encore le sondage Ifop pour La Dépêche du Midi, Sud Radio et Fiducial du 19 février. François Briançon, avec 30 %, soit trois points derrière le maire sortant à 33 %, et François Piquemal (23 %) réunissent 53 % des intentions de vote. Mais la simple addition des votes se vérifiera-t-elle dans les urnes ? Allergique à La France insoumise, une partie des électeurs ne devrait pas suivre. Et des colistiers de François Briançon ont déjà averti que ça serait sans eux.
La tension ne cesse de monter depuis le début de la campagne entre les deux gauches. Et Toulouse est devenu un cas d’école pour observer les relations entre les socialistes et leurs alliés d’une part et les Insoumis de l’autre.
« Faux procès »
La concurrence a commencé à tourner au clash après la mort du militant nationaliste à Lyon et la mise en cause de LFI en raison de ses liens avec la Jeune Garde. François Briançon a pris ses distances. Et depuis, les dérapages ironiques de Jean-Luc Mélenchon sur les noms de deux personnalités juives ont à nouveau soulevé l’indignation. « Les conditions de l’union ne sont pas remplies », a déclaré François Briançon lundi. Sollicité hier, celui-ci n’ajoute rien aux accusations d’antisémitisme lancées par le bureau national du PS mardi à l’encontre du leader Insoumis. Elles correspondent à ce qu’il avait déclaré la veille. « Ma position est la même », avance-t-il.
François Piquemal, lui, les rejette vivement. « J’ai été enseignant en histoire pendant douze ans. Et j’ai fait de l’enseignement de la Shoah un levier de mon engagement. Si je pensais une seule seconde que Jean-Luc Mélenchon était antisémite ou utilisait ce thème, je ne serais plus dans le mouvement. » Pour lui, ces accusations viennent « de l’extrême droite » et « ces ragots, ces déformations et ces malhonnêtetés intellectuelles que reprend le PS sont relayés par la fachosphère. J’appelle tout le monde à faire preuve de raison. Il est temps que les faux procès cessent. »
Si la température est montée d’un cran, c’est pour autant à une drôle de guerre, une guerre d’attente, qu’on assiste à Toulouse. Car, contrairement à Paris, la porte de l’alliance n’est pas tout à fait fermée par François Briançon. Et cela malgré le rejet définitif de LFI prôné par Carole Delga, présidente socialiste de la Région Occitanie.
Seuls les scores du premier tour devraient dénouer la situation. En attendant, personne ne veut apparaître comme le responsable de la division. François Briançon demande une « clarification » à l’Insoumis et émet des conditions, comme l’acceptation de la LGV. François Piquemal resitue l’enjeu : « le seul moyen de battre Jean-Luc Moudenc est l’union de la gauche. Tous ceux qui mettent des bâtons dans les roues de l’union devraient se rappeler 2020 ». Jean-Luc Moudenc avait alors profité du désaccord entre les listes PS de Nadia Pellefigue et Archipel citoyen d’Antoine Maurice.





















