Le vice-bâtonnier de Toulouse, Me Sylvain Laspalles, a présenté sa démission suite à une plainte pour « viol, harcèlement et agression sexuelle », apprend Actu Toulouse ce lundi 9 mars 2026.Ces accusations sont portées par une élève de l’Ecole de formation des avocats de Toulouse (EFA), une jeune femme de 26 ans, qui a déposé plainte le jeudi 5 mars. La bâtonnière Me Sophie Coq est également visée par une plainte pour « inaction de l’Ordre », confirme Actu Toulouse après les révélations de La Dépêche du Midi. Les faits.
Le viol se serait déroulé dans le cabinet de Me Laspalles
L’élève-avocate de 26 ans aurait subi ces faits lors d’un stage, effectué à l’Ordre des avocats en 2025. Elle aurait notamment subi une forme d’emprise et reçu des allusions à caractère inapproprié, de la part de Me Laspalles.
Après avoir dénoncé ces faits dans un mail, au mois d’octobre, elle n’aurait reçu aucune réponse de la Bâtonnière inclue dans les destinataires (cette-dernière nie cependant avoir eu connaissance de ces faits avant le 16 janvier 2026).
Puis, la jeune élève accuse le vice-bâtonnier de lui avoir imposé fin 2025 un baiser dans un bar avant de la violer, au sein de son cabinet.
La réponse du vice-bâtonnier
Contacté par Actu Toulouse, le vice-bâtonnier se dit « innocent » et confirme avoir présenté sa démission : « Je suis totalement innocent des faits qui me sont reprochés. Je dispose de dizaines et de dizaines de messages qui démontrent mon innocence. J’ai présenté ma démission pour protéger l’institution ordinale et pour assurer pleinement ma défense. »
L’affaire dépaysée à Agen
Pour assurer le bon fonctionnement de la justice, l’affaire a été dépaysée par le parquet : la Cour d’appel d’Agen va instruire le dossier, indique une source proche de l’enquête. Une décision que salue le président de l’école des avocats de Toulouse, Me Thierry Carrère. « Ce dépaysement me paraît normal, du point de vue de l’efficacité de la justice », indique-t-il.
« Une personne en grande détresse »
Qu’a mis en place l’école suite à la plainte ? « Tout d’abord, nous avons appris les informations avant qu’elle ne dépose plainte », explique le directeur.
« Nous avons été destinataires de ses confidences et avons immédiatement exprimé notre soutien. Tout en respectant le principe de présomption d’innocence, nous lui avons expliqué que nous la croyions. Nous avions en face de nous une personne en grande détresse qui avait besoin d’un soutien psychologique immédiat. »
La temporalité du signalement de l’école
Par la suite, Me Carrère précise avoir indiqué à la jeune femme que l’école ne l’accompagnerait pas dans sa prise de décision quant au dépôt (ou non) d’une plainte. « Elle devait en être la seule décisionnaire », insiste le directeur.
En attendant le potentiel dépôt de plainte, l’EFA n’a pas émis de signalement. Mais dès que la plainte a été effective, « nous avons nous-mêmes effectué un signalement, le lendemain-même ». Dans une lettre adressée aux élèves de l’EFA, le directeur souligne que « ce signalement respecte la temporalité qui n’appartenait qu’à l’élève ».
Mise à jour : réponse de l’Ordre des avocats
40 minutes après la publication de l’article d’Actu Toulouse, l’Ordre des avocats a publié une prise de parole du Bâtonnier de Toulouse. Nous la retransmettons ici dans son intégralité. « La Dépêche du Midi s’est fait l’écho le jeudi 5 mars au soir, dans un article diffusé sur son site Internet puis dans son édition du vendredi 6 mars, de deux plaintes qui auraient été déposées le matin même auprès des services du Parquet par une élève-avocate reçue en stage PPI à l’Ordre des Avocats du Barreau de Toulouse au second semestre de l’année 2025. La première énonce à l’encontre de Monsieur le Vice-Bâtonnier des faits d’une extrême gravité. La seconde viserait d’après ce même article une prétendue « inaction de l’ordre ». A cet instant, Madame le Bâtonnier, Sophie COQ, n’a toujours pas connaissance du contenu de ces plaintes. Dès vendredi, Monsieur le Vice-Bâtonnier a remis, auprès du Bâtonnier de Toulouse, sa démission. Pour ce qui concerne Madame le Bâtonnier et contrairement à ce qui a été dit dans la presse, les premiers éléments portés à sa connaissance l’ont seulement été le 16 janvier 2026. Dès le 19 janvier 2026, elle a souhaité rencontrer cette élève-avocate. Cet entretien a eu lieu le 26 janvier 2026. Elle s’y est présentée accompagnée d’une amie également avocate au Barreau de Toulouse. Dans les suites immédiates de cet entretien, comme cela est prévu dans le décret n°91-1197 du 27 novembre 1991 organisant la profession d’avocat, une enquête déontologique à l’encontre du Vice-Bâtonnier a été ouverte, enquête confiée à un ancien Bâtonnier du Barreau de Toulouse. Madame le Bâtonnier tient à rappeler fermement que la lutte contre les violences faites aux femmes, la prise en compte de la parole des victimes, le respect de la présomption d’innocence sont au cœur de ses valeurs et de celles du Barreau de Toulouse. »
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