Le journal l’Équipe révèle ce vendredi 1er mai le contenu de l’audition de Florian Grill, président de la fédération française de rugby, devant le juge d’instruction à Agen le 24 avril dans le cadre de la mort de Medhi Narjissi. Il y revient sur le déroulé des événements et assume de penser la FFR comme n’ayant pas de responsabilité.
Le quotidien l’Équipe révèle ce vendredi 1er mai une partie des propos qu’aurait tenus Florian Grill, président de la FFR, le 24 avril durant son audition devant Agnès Navarro, juge d’instruction, à Agen dans le cadre de l’affaire de la disparition de Medhi Narjissi. « Je tiens à nouveau à dire ma compassion pour la famille. En mon âme et conscience, je ne vois pas de responsabilité de la Fédération ni même de la Direction technique nationale », aurait-il déclaré en guise de conclusion.
À l’issue de cette audition devant le juge d’instruction en charge de l’information judiciaire, la FFR a été mise en examen en tant que personne morale pour homicide involontaire par « maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement ».
Une forte émotion
Florian Grill détaille les premières heures après la révélation de la disparition de Medhi Narjissi. Il explique avoir mis en place « une cellule de crise » et organisé le voyage de la famille sur place. Puis, concernant son absence de déplacement sur les lieux, qui lui a été reprochée, il se serait expliqué ainsi : « Étant donné que c’est moi qui pilote la cellule d’urgence, nous (avec Olivier Lièvremont, NDLR) préférons envoyer le DTN adjoint. »
Nos confrères de l’Équipe décrivent ensuite une scène où Florian Grill aurait été rattrapé par l’émotion. Assurant avoir lui-même « failli perdre (s) on fils », il se serait mis à pleurer en évoquant la tristesse des Narjissi, avec qui il assure avoir échangé des centaines de messages. En dehors de ce moment d’émotion et de précisions sur quelques « maladresses » de Florian Grill (qui n’est par exemple pas venu accueillir la famille à son retour), l’audition se serait ensuite déroulée autour de sujets techniques.
Remettre une partie des responsabilités sur la DTN, sans la tenir responsable
Le président de la FFR ne reconnaîtrait pas la responsabilité de sa fédération et il aurait joué aux équilibristes, tentant de remettre la responsabilité sur la DTN (direction technique nationale) sans l’accabler. Selon Grill, c’est elle qui valide les politiques de sécurité sportives de la Fédération. Il aurait encore assuré, contrairement à ce qu’affirme un rapport publié en avril par l’IGÉSR qui tient la fédération pour responsable, que c’est cette même DTN qui choisit les staffs encadrant les stages comme celui où Medhi Narjissi a trouvé la mort en Afrique du Sud.
Alors qu’il est censé jouir d’une « autorité fonctionnelle », Florian Grill aurait longuement expliqué comment il considérait ne pas pouvoir infléchir les décisions prises par la DTN. Bien qu’il s’en défende, il aurait remis toute la responsabilité sur l’organisme, notamment en matière de vérification de différents documents administratifs des jeunes et des encadrants, et également chargé le ministère des Sports, dont il dépend.
« Je tiens à préciser que la DTN a bien fait son travail en amont du stage », aurait-il néanmoins déclaré. Pour lui, il y aurait une unique responsabilité, celle des encadrants du stage (le préparateur physique et l’entraîneur des U18 ont été mis en examen dans l’affaire). « Sa disparition s’explique par des décisions prises sur place », aurait affirmé Grill qui aurait plusieurs fois insisté.