« De 8h30 à 23h30 sur des talons de 12 cm, c’était dur. Je suis plus habituée aux crampons », plaisante Carla Rachail en se remémorant la journée qui l’a consacrée Miss Toulouse, « Reine de la Violette », le 28 mars dernier, devant treize autres candidates. « Les danses, c’était un peu compliqué, mais je me suis débrouillée. Le discours est ce qu’il y a de plus stressant, ce que tout le monde redoute », poursuit la jeune femme, qui vient tout juste de fêter ses 23 ans.
Pourtant, Carla Rachail, originaire de Valence-d’Agen (Tarn-et-Garonne), s’exprime très bien et sait ce qu’elle veut. Comme lorsqu’elle débarque à 15 ans dans la Ville rose pour intégrer le pôle espoirs de Jolimont, deux ans seulement après avoir commencé le rugby. Une passion qu’elle a aujourd’hui mise en pause, pour diverses raisons.
« Le rugby ne fait pas manger et je sors de deux ruptures des ligaments croisés »
« J’ai toujours placé les études en premier et réussi à allier les deux », explique celle qui vient de boucler un bac+3 en management sportif à l’université de Toulouse Paul-Sabatier. « Mais, professionnellement, il fallait que je coupe. Le rugby ne fait pas manger et je sors de deux ruptures des ligaments croisés des genoux, à deux ans d’intervalle. Je ne voulais pas prendre le risque de louper à nouveau les concours de gendarmerie, même si le terrain me manque beaucoup. »
Car la troisième ligne aile des espoirs rouge et noir rêve depuis de nombreuses années d’intégrer la gendarmerie. « J’ai cette idée en tête depuis le lycée, mais je voulais un bagage intellectuel avant de me lancer dans les concours. J’ai toujours aimé les structures cadrées. J’ai par exemple adoré le pôle espoirs et ses règles de vie », confie Carla Rachail.
Particulièrement motivée, elle ne se voit pas faire autre chose à l’heure actuelle. Les dernières épreuves du concours l’attendent mi-juin afin d’intégrer l’école et de rejoindre, si possible, « la départementale ou la Garde républicaine ». Mais avant d’enfiler l’uniforme, la dynamique jeune femme a donc passé l’écharpe de Miss Toulouse et se projette dans l’élection de Miss Midi-Pyrénées, qui se tiendra le 5 septembre prochain.
« Une fille qui fait du rugby n’est pas forcément un garçon manqué »
« Dans tous les cas, ce n’est que du bonus. Mais participer à Miss France, ça reste un rêve, donc je vais rêver », sourit Carla Rachail, qui ne se souvient pas d’avoir manqué une émission avec sa mère devant la télé. « Avec des copines, on s’est toujours dit que je m’inscrirai un jour. Je voulais attendre pour avoir la maturité nécessaire et ne pas me faire manger par l’esprit de concurrence. Comme j’avais arrêté le sport, j’avais plus de temps. »
Démarche personnelle avant tout, la participation à ce concours est aussi une manière pour elle de casser les codes. « Je veux que l’on arrête les stéréotypes. Une fille qui fait du rugby n’est pas obligée d’être un garçon manqué », glisse-t-elle. Consciente également des inégalités hommes-femmes, notamment dans le sport, elle veut porter ce message en espérant aller le plus loin possible et, pourquoi pas, qu’une couronne vienne se poser sur sa tête, à « 1,73 m et demi », rigole-t-elle.