Après plusieurs années de conception et de R&D, le constructeur d’avions hybride Aura Aéro, installé à Cugnaux (Haute-Garonne), prend réellement son envol. L’entreprise, créée en 2018, passe vers une phase industrielle en affichant un soutien financier de 340 millions d’euros grâce à une nouvelle levée de fonds de 50 millions d’euros et à des subventions obtenues en France et en Europe, ainsi qu’au soutien financier de l’État de Floride pour son usine américaine.
Aura Aéro vient de signer sa première commande ferme avec la compagnie Pan Européenne pour l’achat d’un Era, son avion régional hybride-électrique de 19 places. L’appareil peut parcourir 1 500 kilomètres, en réduisant les émissions de CO2 jusqu’à 80 % par rapport aux avions thermiques de sa catégorie. Ces financements consolidés vont permettre à Aura Aéro de réaliser le premier vol d’Era, de certifier l’avion 100 % électrique Integral et de déployer des activités drones avec Enbata.
« Nous construisons un nouvel acteur industriel européen »
« Aura Aéro change de dimension, assure Antoine Blin, chief of staff d’Aura Aéro, qui a piloté la levée de fonds. Le financement, les commandes fermes et les usines ne sont plus des perspectives, ce sont des réalités. Avec des partenaires institutionnels et industriels de premier plan, nous sommes prêts à accélérer et à livrer une nouvelle génération d’avions et de drones. » Avec ses deux futures usines – l’une à Cugnaux et l’autre à Daytona Beach, en Floride, la société toulousaine qui emploie près de 250 personnes va avoir les capacités industrielles pour sa production en série.
« Nous sommes en train de construire bien plus que des avions : nous construisons un nouvel acteur industriel européen, insiste Jérémy Caussade, président et cofondateur d’Aura Aéro. Cette étape nous donne les moyens de tenir nos ambitions technologiques et surtout de les produire à l’échelle. » Avec plus de 700 intentions d’achat et 20 commandes fermes pour Era, le constructeur aéronautique toulousain doit désormais passer cette étape industrielle pour convaincre qu’une aviation durable et décarbonée est possible. Il estime le besoin à 5 000 appareils dans le monde ces quinze prochaines années.