Depuis ce lundi 4 mai, tous les étudiants peuvent manger au restaurant universitaire pour 1 euro. Jusqu’ici, les repas à 1 euro dans les restaurants gérés par les Crous étaient réservés aux étudiants boursiers. Les autres payaient 3,30 euros. Une mesure saluée par les étudiants à Toulouse.
La généralisation du repas à 1 euro dans les tous les restaurants universitaires de France est entrée en vigueur ce lundi 4 mai. Une mesure réclamée par les organisations étudiantes pour lutter contre la précarité et intégrée au budget 2026 comme une concession du gouvernement aux députés socialistes. Le repas à un euro dans les restaurants gérés par les Crous existait déjà pour les étudiants boursiers. Les autres étudiants payaient jusqu’à présent 3,30 euros.
« une excellente initiative pour les non boursiers »
Au restaurant universitaire du Crous Médecine, à l’université Paul Sabatier, quartier Rangueuil à Toulouse, les étudiants accueillent favorablement la mesure : « C’est une excellente initiative, car les critères pour devenir boursier sont de plus en plus restrictifs je trouve. Cela va m’inciter à venir plus souvent déjeuner au restaurant universitaire » confie une étudiante de première année en génie électrique et informatique industrielle. Sur son plateau repas : une quiche au jambon et fromage bio en entrée, un sauté de dinde et gratin de chou-fleur, des fraises en dessert. Thaïs, étudiante en 4ème année de médecine découvre que le repas à 1 euro est entré en vigueur ce lundi : « je suis heureusement surprise. Je ne viens pas tous les jours, mais je vais y réfléchir. A ce prix là, je ne pourrais pas manger de la viande chez moi. Les repas du Crous sont équilibrés, variés, assez copieux, c’est très intéressant financièrement. »
Vers une hausse de l’affluence de 10 à 12 %
Pour 2026, 50 millions d’euros sont alloués aux Crous pour compenser le manque à gagner puisque le coût réel d’un repas est d’environ 8 à 9 euros. Une subvention pour charge de service public également versée pour recruter des agents si besoin et investir dans le matériel de restauration.
Les 17 restos U et 19 cafétérias des Crous de Toulouse Occitanie (l’Académie de Toulouse) sont fréquentés par 52 % d’étudiants boursiers, 48% de non boursiers. Avec ces repas moins chers pour tous, les Crous s’attendent à une hausse de l’affluence, environ 12% d’étudiants non boursiers en plus. « Il faut s’y préparer » explique Odile Jankowiak-Gratton, directrice générale du Crous de Toulouse Occitanie. « Cette généralisation du repas à un euro, au mois de mai, intervient en période creuse, des étudiants ont fini leur année. Mais les prochains mois vont servir de test avant la rentrée universitaire à l’automne, lorsque la fréquentation est plus élevée. Le plus grand défi c’est d’augmenter la capacité d’accueil, de servir plus de repas dans une plage horaire qui va de 11h30 à 13h30. On réfléchit, en accord avec les responsables des enseignements à élargir les horaires, en discutant des emplois du temps avec les agents. Il n’y a pas eu de recrutement de personnel pour le moment mais on investit dans du matériel pour faciliter le travail des agents : pour de la cuisson de nuit basse température, des éplucheurs de légumes plus efficaces. On réfléchit à généraliser la plonge participative qui existe dans certains restaurants : les étudiants trient leurs couverts, verres, etc ce qui fait gagner beaucoup de temps. »
S’engager à conserver la qualité et augmenter la capacité d’accueil
Les restaurants universitaires s’engagent pour 1 euro à conserver la qualité avec des exigences sur les labels, la part de produits bio, de produits locaux. Ils continuent la lutte contre le gaspillage alimentaire. Le défi, c’est le risque de saturation des restaurants universitaires avec ce tarif attractif, les files d’attente qui s’allongent, l’intensification du travail pour les agents. « Au Crous Médecine, on compte 450 places assises et une place est occupée environ 2,5 fois par service. Il faudra faire de la pédagogie pour que les étudiants libèrent leurs places rapidement », rappelle Arthur Greillet, directeur du site. Généralement les étudiants prennent peu de temps pour manger et le resto U connait un pic de fréquentation sur 45 minutes, une heure.
Les étudiants règlent leurs repas, déjeuner ou dîne, via leur carte étudiante rechargée ou une application sur smartphone, ce qui permet d’aller plus vite qu’avec la carte bancaire au moment du passage en caisse.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555















