Une querelle de voisinage vire à l’agression gratuite dans une résidence toulousaine. En proie à des délires de persécution, une femme a frappé sa voisine à coups de batte. Mais a-t-elle bien toute sa tête ?
Les promiscuités de voisinage sont une source inaltérable d’inspiration. Du Pot-Bouille d’Émile Zola aux émissions de télévision du dimanche matin. Mais avec ce qui s’est produit en mars, dans une résidence du quartier des Trois-Cocus, à Toulouse, toutes les imaginations ont été largement dépassées.
« J’ai été droguée »
Alors que la nuit est tombée depuis peu, Yasmina est réveillée par de violents coups à sa porte. Elle l’ouvre. Sa voisine, Saliha, brandit une batte de baseball à l’inscription glaçante : « Mieux qu’un somnifère ».
Ni une ni deux, et sans avertissement, Saliha la roue de coups. « Ce jour-là, j’ai été droguée », assure la mise en cause, lors de l’audience de comparution immédiate de jeudi. « Ce n’est pas à moi d’être accusée, ce sont mes voisins qui me harcèlent et m’insultent depuis quatre ans. Plusieurs fois, ils sont rentrés chez moi et ont empoisonné mes repas », poursuit-elle. Moment de flottement.
« Ces faux policiers m’ont violée »
« Qu’a-t-on fait de mes plaintes ? Je suis victime d’un complot du procureur », s’étrangle la femme de 54 ans avant de poursuivre : « C’étaient de faux policiers qui sont venus m’arrêter et ils m’ont violée ». Un rire mêlant effroi et goguenardise traverse la salle. La quinquagénaire a-t-elle bien toute sa tête ?
Avant l’audience, elle a été examinée par un médecin psychiatre. Le rapport est éloquent : idées délirantes, sentiment de persécution, dangerosité psychiatrique élevée pour en arriver à une conclusion logique : le discernement de Saliha était aboli au moment des faits.
Internement psychiatrique
Non sans pudeur, la femme raconte, à la barre, ses dernières années : ancienne secrétaire médicale, elle a dû quitter ses fonctions sous les assauts d’une sclérose en plaques. Depuis lors, les pathologies se sont multipliées comme autant de souffrances lestant ses jours.
Alors, Saliha a trouvé dans l’alcool un moyen d’étourdir sa peine. Après Pot-Bouille, voilà L’Assommoir. Son sentiment de persécution n’est peut-être pas étranger à celles que la vie lui a infligées ? Sans grande surprise, le tribunal correctionnel la déclare irresponsable pénalement. Internée en hôpital psychiatrique. Avant de retrouver un jour, la Joie de vivre ?














