La polémique enfle, après les propos racistes et les images de saluts nazis captés lors d’un banquet du Canon français à Caen le 18 avril, l’organisation d’autres banquets est critiquée. À Albi, un « Banquet tarnais » doit se tenir le 21 novembre, mais une pétition réclame désormais son annulation.
Le « Banquet tarnais » du Canon français, annoncé pour le 21 novembre 2026 au parc des expositions d’Albi, crée déjà la discorde. En quelques heures, plus de 300 personnes ont signé une pétition lancée par Nathanaël Suaud, militant socialiste albigeois, pour demander l’interdiction de l’événement.
Pétition signée et relayée des dizaines de fois
Au départ ces évènements promettent « de faire vivre la convivialité et le terroir » à travers « des banquets géants dans des lieux d’exception partout en France », pour 79,99euros par personne pour un repas complet, vin, et animations de 12h à 17h. Sauf que de récents rassemblements du Canon français, notamment à Caen, ont créé la polémique. Des vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux, et montrent des saluts nazis et des propos racistes. La société évènementielle du Canon Français compte parmi ses actionnaires le milliardaire Pierre-Edouard Stérin, une figure connue des milieux conservateurs catholiques.
« Je n’ai aucun problème avec les gens qui se rassemblent pour manger ensemble de bons produits et défendre le terroir », insiste Nathanaël Suaud. « Le problème, c’est une organisation qui laisse faire, voire encourage, des comportements racistes et des saluts nazis. »
Le militant affirme avoir écrit au préfet du Tarn ainsi qu’à la maire d’Albi, dont la ville est propriétaire du parc des expositions. À ce stade, les autorités n’ont pas réagi.
La mobilisation dépasse désormais les rangs socialistes. France Gerbal Médalle, représentante du Parti radical de gauche (PRG) dans le nord du Tarn et spécialiste du marketing du vin et de l’œnotourisme, a elle aussi relayé la pétition. « Je suis très opposée à cet événement« , explique-t-elle. « Ce n’est pas le banquet républicain que je récuse. Au contraire, cette tradition existe depuis longtemps. Ce qui me dérange profondément, c’est une entreprise commerciale et populiste portée par une droite traditionaliste. Là, ce qui me choque, c’est cette idée du “entre nous”, avec des communautés qui seraient implicitement exclues. »
Selon la représentante du PRG, « les villes républicaines n’ont pas à se porter caution » d’un événement organisé dans un équipement public. « La République s’est construite sur le vivre-ensemble et l’universalisme, pas sur l’opposition entre les communautés », ajoute-t-elle.
« Il n’y a pas de troubles à l’ordre public »
Une dizaine de banquets géants sont prévus à travers la France. A Quimper (Finistère), la maire socialiste Isabelle Assih a également demandé l’annulation d’un événement du Canon français et a dénoncé une vague de cyberharcèlement. Cette semaine, le sénateur PS Jean-Luc Fichet a interpellé le gouvernement sur le sujet. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a condamné « avec fermeté » les insultes visant l’élue bretonne, tout en écartant pour l’instant une interdiction nationale des banquets du Canon français. « Il n’y a pas de risques de troubles à l’ordre public », a-t-il déclaré, tout en assurant rester « vigilant ».
« Je suis assez désabusé parce qu’au fond, il y a eu des dérapages. Donc, si le ministre de l’Intérieur décide de ne rien faire et que ça venait à se reproduire, pour moi, ce serait un désaveu complet du ministre de l’Intérieur, mais aussi de la crédibilité de l’État à faire respecter la loi. » a réagi le militant albigeois Nathanaël Suaud.
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