Inondations à Castelnau-d’Estrétefonds : un lotissement submergé une fois de plus par les eaux usées et pluviales. Entre colère et lassitude, les habitants réclament enfin des travaux durables face à ces orages répétés.
Au 1 allée Régussol à Castelnau-d’Estrétefonds, l’orage de trop : les habitants, les pieds dans la boue et les eaux usées, crient leur colère après un énième sinistre. Lundi 5 mai 2026, à la suite d’un violent épisode orageux, ce lotissement a de nouveau été submergé par un mélange d’eaux pluviales et de reflux d’égouts. Excédés par cette situation récurrente, les résidents exigent désormais des solutions pérennes. « Ce n’est pas la première fois », soupirent-ils, rappelant que des alertes sont lancées depuis des années, sans effet durable.

Louis, locataire de la résidence, raconte son retour éprouvant lundi soir : « Dès la fin de l’averse, l’accès au parking et mon jardin étaient déjà sous l’eau. » Un pompier intervenant sur place lui a confirmé la répétition du scénario survenu l’an dernier. Selon Louis, le problème résiderait dans un défaut de conception entre sa résidence et celle de Monné de Croix, les eaux se déversant de l’une vers l’autre. Malgré la visite d’un conseiller municipal pour évaluer les besoins d’urgence, les riverains réclament des actes.
« Les familles souffrent »
Une mère de famille décrit un quotidien devenu insupportable dans cette résidence gérée par le bailleur social Patrimoine. Elle témoigne de remontées d’eaux usées par les douches et les toilettes dans les logements de plain-pied. Elle dénonce surtout un imbroglio administratif : « La mairie, Réseau 31 et le bailleur se rejettent la balle, pendant que des personnes âgées tentent seules de stopper les boues organiques dans leurs logements. »
Le sentiment d’abandon est renforcé par un manque de communication. Bien qu’une alerte météo ciblée ait été reçue par la commune, aucun message de prévention n’aurait été transmis aux locataires. Pour parer à l’urgence, une locataire a dû investir ses propres deniers dans 550 kg de sable, érigeant elle-même une barricade de quatorze sacs contre la montée des eaux. Le nettoyage des lieux, jugé partiel par les sinistrés, laisse craindre des risques sanitaires dus aux déchets présents dans les eaux stagnantes.

Contacté, le bailleur Patrimoine SA assure être « mobilisé » et précise : « L’entreprise de nettoyage Toupin est intervenue mercredi et jeudi pour le nettoyage et la désinfection de deux logements impactés, le nettoyage de jardins, d’allées de circulation, de stationnements et de locaux communs. L’entreprise poursuivra les opérations dès lundi matin. » Par ailleurs, « la famille occupant l’un des deux logements a été relogée à l’hôtel jusqu’à ce vendredi ». Selon le bailleur, trois autres logements ont également été touchés. « L’un d’eux fait notamment face à un nouveau débordement, après un premier épisode survenu en juin. » Concernant le réseau d’assainissement, « Réseau 31, compétent en la matière, est déjà intervenu ces derniers jours et reste mobilisé ce week-end, en lien avec la société Asos, mandatée pour assurer une veille et procéder à des opérations de pompage si nécessaire, compte tenu des nouvelles précipitations annoncées. »
La maire, Sandrine Sigal, reconnaît l’ampleur de la catastrophe tout en rappelant les efforts déjà engagés : « Depuis l’an dernier, nous avons renforcé le curage des fossés avec la communauté de communes du Frontonnais. » Elle admet toutefois que l’urbanisme d’il y a dix ans est désormais dépassé par l’accélération des phénomènes climatiques actuels. Des opérations de pompage ont été lancées et une réunion publique est prévue le mardi 27 mai à 18 heures. Pour les habitants du 1 allée Régussol, l’enjeu est vital : obtenir des travaux structurels pour que l’angoisse ne remonte plus avec le ciel noir.















