À la veille de retrouver le RC Toulon, samedi 9 mai au stade Vélodrome de Marseille à l’occasion de la 23e journée de Top 14 (21 heures), le pilier international espagnol se confie sur l’état d’esprit des Toulousains, désireux d’afficher un tout autre état d’esprit que face à Clermont (24-27) lors de la dernière sortie des « rouge et noir ».
Ugo Mola avait pointé du doigt la conquête après Clermont. En tant qu’avant, est-ce que cela pique ?
Oui, bien sûr. Mais ce qui pique le plus, c’est quand tu y es et le vivre. Forcément, quand l’entraîneur n’est pas content, personne n’est content. Mais quand on loupe autant de touches, que c’est un coup très bien, un coup apathique sur les ballons portés, c’est ça qui est le plus frustrant. On va essayer de retrouver de la densité au niveau des avants mais pas seulement. On doit se relancer un peu dans la confiance et dans les repères collectifs.
Vous aviez également souffert à Bordeaux sur les ballons portés. Est-ce compliqué d’être régulier dans ce secteur ?
C’est comme toutes les phases concrètes, ce n’est pas facile. Après, il faut qu’on y mette le focus. Il y a beaucoup de détails, même si ça paraît très simple, à prendre en compte. On ne les a pas trop travaillés ou on n’y a pas trop mis le focus mais là, on s’y est remis fort pour essayer de corriger ces dernières sorties. Sur les mauls mais pas seulement car il y a des mêlées moins performantes donc on est en train de corriger ça.
Était-ce de fait un mal pour un bien d’avoir une semaine sans match lors du week-end consacré aux demi-finales de Champions Cup ?
On aurait préféré enchaîner quand même. Et pareil pour dans deux semaines (pour la finale, NDLR). Mais oui, quitte à ne pas y être, au moins on a pu travailler et on va pouvoir travailler pour la fin de saison en Top 14.
Vous avez 12 points d’avance sur le deuxième à six semaine des demi-finales. Comment arrive-t-on à rester sous tension quand on sait qu’il faudrait un cataclysme pour que vous ayez à disputer un barrage ?
La défaite de Clermont, par exemple, elle nous met sous tension. On a beaucoup d’ambition pour finir premiers et c’est ça qui nous met sous tension. Et nos dernières performances nous maintiennent en éveil.
La défaite face à l’ASM a-t-elle été plus difficile à digérer que celle face à l’UBB en Champions Cup ?
Personnellement, non. Moi, à Bordeaux, ça m’a plus dérangé que Clermont. Après, Clermont, oui, tu perds à la maison sur un match où tu mènes 21-0 à la 12e. C’était très bizarre. C’était tellement catastrophique que tu tournes la page et tu te mets au boulot direct.
Qu’est-ce que cette défaite au Stadium face à Clermont met en exergue avant les phases finales ?
Que ce n’est pas parce que tu as beaucoup de points d’avance et que tu es le premier que tu vas venir le premier. Cela met en exergue que tu peux perdre contre une équipe qui est bien plus basse à la maison, quelque chose qui nous arrive rarement. Et quand on ne joue pas à notre niveau, qu’on baisse un peu le rythme, les équipes en face le sentent et veulent toutes nous battre.
Quand on est dans un groupe qui gagne beaucoup comme le vôtre depuis pas mal d’années, n’y a-t-il pas une forme de normalité aussi à accuser parfois un coup de mou ?
Oui, je pense que c’est en partie normal mais il ne faut pas que ça s’installe. C’est une bonne alarme pour se remettre au boulot, pour les quatre matchs de championnat qu’il reste et la suite on espère.
Avoir une forte avance est-il difficile à gérer ?
Je ne sais pas si c’est l’avance ou si c’est plus l’élimination en Coupe d’Europe. Peut-être les deux. C’est sûr que quand tu as un peu d’avance, tu as un peu moins peur mais les matchs comme celui de Clermont te remettent vite en ordre de marche.
Faut-il comprendre qu’il n’y a pas d’inquiétude pour l’instant mais que cela pourrait venir en cas de récidive ?
L’inquiétude, elle y est. Il reste quatre matchs et si on les perd, le scénario peut vraiment se compliquer. On va essayer de se remettre très vite dans le rang, de retrouver notre confiance, notre dynamique et notre jeu.
Se déplacer à Marseille quand on veut se tester, c’est idéal ?
Ah oui, c’est un très bon test de caractère. Toulon, à chaque fois, c’est très costaud, mais il ne faut pas que ce soit une réaction. On est souvent habitués à réagir quand on perd mais il faut que ce soit tout le temps.
Les entraînements sont semble-t-il plus dur depuis deux semaines, vous confirmez ?
Oui. Vu qu’on a eu une semaine de trêve, on a pu travailler sur l’aspect physique et on a identifié certaines choses qu’il faut qu’on travaille, donc on s’y est mis.














