Le marché de l’alimentation animale séduit de plus en plus de propriétaires prêts à dépenser. Entre croquettes premium et jouets à 25 euros, le bien-être des animaux devient une priorité assumée.
Elle a fait quarante minutes de route pour venir dans cette animalerie près de Toulouse. Emma, une jeune femme de 28 ans originaire du Tarn-et-Garonne, profite de ce jeudi férié pour faire quelques emplettes pour sa chienne, Tyna. Elle part bientôt en vacances et laissera son staffie à ses parents. « Je voulais lui acheter deux ou trois jouets pour qu’elle ne se sente pas trop seule en mon absence », nous raconte-t-elle.
À une centaine de mètres se trouve une autre animalerie, mais Emma a une idée de divertissement bien précise pour sa chienne : une peluche en forme de pieuvre qui fait « couic » quand elle tombe par terre. Le prix ? 20 euros. « Je respecte toujours le budget que je me fixe chaque mois, explique-t-elle. Je suis retournée vivre chez mes parents, donc je peux me permettre de mettre plus de sous dans le confort de ma chienne. » Au rayon d’en face, Frédéric arpente le long couloir des croquettes premium. Friandises antistress, croquettes contre la digestion difficile et même sushis pour chiens… Ici, nos petites boules de poils n’ont pas de quoi être fâchées avec le bonheur. Pour un chiot, deux chats et un lapin, Frédéric estime qu’il dépense en moyenne 150 euros par mois de nourriture animale. « Lorsque l’on s’engage à prendre un animal, j’estime qu’il a le droit à un minimum de confort de vie. Et on préfère se priver d’un resto pour leur faire plaisir. »

« Les nouvelles générations sont plus sensibles à la cause animale »
Si de nombreux propriétaires sont généreux avec leurs compagnons à pattes, ils n’en restent pas moins conscients du prix à payer pour satisfaire leurs besoins. « Il y a de moins en moins de gens qui viennent avec l’idée du poisson rouge dans la boule », opine le chef de rayon de cette animalerie, qui compte 400 magasins en France. « Les nouvelles générations sont clairement plus sensibles à la cause animale et les considèrent comme un membre de leur foyer. »
Au rayon aquatique justement, un couple s’extasie devant les poissons-clowns. Dans leur aquarium, ils en ont déjà trois. Le « nemo » classique coûte en moyenne 40 euros et peut grimper jusqu’à 70 euros pour les formes plus rares. Finalement, ils se rabattent sur des crevettes naines et des escargots d’eau douce, moins onéreux. Selon l’employé du magasin, ce n’est pas tant le prix des animaux qui a augmenté, mais tout ce qu’il y a autour. « Avant le Covid, un paquet de croquettes de 15 kg coûtait 30 euros, alors qu’aujourd’hui, il peut monter à 55 euros. » La shrinkflation, comme dans les grandes surfaces, concernerait également de nombreuses marques alimentaires pour animaux.
Le marché de l’alimentation animale est devenu un champ de bataille où s’affrontent la grande distribution, les animaleries spécialisées et l’e-commerce à coups de produits « premium » et d’abonnements sur mesure. « Que l’alimentation soit ton premier médicament », disait Hippocrate. Pour innover dans ce secteur concurrentiel, Marie-Pierre a ouvert une petite entreprise de fabrication de croquettes naturelles et équilibrées à Toulouse. « Depuis 2010 que j’ai lancé mon activité, je n’ai effectivement pas à me plaindre », nous glisse-t-elle au téléphone.












