EXCLUSIF. Violence scolaire à Toulouse : une mère et ses deux enfants ont fait irruption, armés, dans un collège. Deux élèves ont été blessés, une surveillante menacée. Les trois suspects ont été appréhendés. Une enquête pour tentative de meurtre est en cours. À ce stade des investigations, plusieurs plaintes pourraient être déposées. De nombreuses armes tranchantes ont été saisies par la police.
C’est une scène d’une violence inouïe dans un établissement scolaire. En fin de matinée, trois individus armés de plusieurs couteaux, d’une feuille de boucher et d’une bombe lacrymogène se sont introduits au collège Clémence-Isaure, à Toulouse. Deux jeunes filles ont été blessées, une surveillante a échappé de peu à un coup de couteau. Une mère et ses deux enfants ont finalement été appréhendés.
Le calme du quartier Saint-Cyprien vole en éclats peu après 11 heures. À cette heure-là, certains collégiens suivent encore les cours, tandis que d’autres patientent dans la cour. L’ambiance est initialement « normale », selon un témoin. Mais un élève scolarisé en classe de troisième se plaint de remarques émises par deux jeunes filles. Ce qui aurait dû se régler par une simple médiation scolaire bascule dans la violence lorsque le collégien alerte sa famille.
Quelques minutes plus tard, trois personnes sortent d’un véhicule stationné rue Charles-de-Fitte. Une mère de famille, son fils et sa fille forcent l’entrée du collège après avoir reçu un SMS de la part du jeune homme. « L’un d’eux avait un couteau dans les mains, j’en suis certain », confie un témoin sous le choc. Rapidement, la sœur du collégien identifie les deux adolescentes et se rue sur elles. Pour venger le harcèlement supposément subi par son frère, elle assène une série de coups de poing.
Lorsqu’une surveillante tente de s’interposer, la situation frôle le carnage. Elle aurait échappé de très peu à une lame. « La mère, qui aurait dû tempérer tout le monde, incitait au contraire son fils à ‘planter la pionne' », s’indigne un témoin, information confirmée à La Dépêche du Midi par les autorités. Si aucun blessé grave n’est miraculeusement à déplorer, le traumatisme psychologique est profond.
Des plaintes à venir ?
Une heure après les incidents, les trois agresseurs sont interpellés par la police nationale. La fouille de leur véhicule révèle un arsenal glaçant : trois couteaux, une feuille de boucher, une bombe lacrymogène et un pistolet qui, après vérification, s’avère factice.
Les gardes à vue débutent sous la qualification possible de tentative de meurtre. Alors que les élèves ont pu regagner leur domicile en milieu de journée, l’académie de Toulouse pourrait organiser l’ouverture immédiate d’une cellule d’écoute pour les élèves et le personnel. « Les équipes du collège, en lien étroit avec les services de police, la préfecture et le rectorat, sont pleinement mobilisées afin d’assurer la sécurité des élèves et des personnels et garantir la continuité des enseignements dans un climat serein », précise le rectorat de Toulouse. À ce stade des investigations, les victimes n’ont pas encore déposé plainte.














