Alors qu’un cobra a été aperçu à Castelginest, dans le nord de Toulouse, les autorités spécialisées sont mobilisées pour assurer sa capture rapide et sécurisée. Emma Monge, responsable du service NAC (nouveaux animaux de compagnie) de l’École nationale vétérinaire de Toulouse, livre son expertise sur cette espèce exotique.
Quelle est l’espèce de serpent qui a été aperçue à Castelginest, en Haute-Garonne ?
Il s’agit très probablement d’un cobra à lunettes ou d’un cobra indien (Naja naja) qui a été aperçu. C’est une espèce de serpent exotique qui n’est pas présente sur le territoire français. On le retrouve à l’état naturel en Asie du Sud, notamment en Inde, au Sri Lanka ou au Pakistan. Sa présence sur notre sol est anormale. C’est pour cette raison qu’il va être rapidement capturé et replacé auprès d’une structure habilitée.

Est-il venimeux et dangereux ?
Oui, un cobra possède du venin. Il ne faut pas chercher à s’en approcher ou à le capturer, mais laisser les autorités compétentes en charge de le rattraper. Il est important de bien tenir les chiens en laisse pour ne pas le perturber, car en cas d’attaque par un chien, le serpent pourrait se défendre. Il est également capital de noter qu’il s’agit d’une espèce qui ne va pas chercher à attaquer l’homme, mais plutôt à le fuir ou à se cacher. Le danger est présent si quelqu’un tente de l’attraper en le coinçant dans un coin. Là, le serpent ne pourra plus s’échapper et, forcément, il se défendra. Le risque pour un promeneur qui garde ses distances est très faible.
Quels sont les gestes à adopter si on le croise ?
Si vous croisez ce serpent, il faut s’éloigner calmement sans faire de gestes brusques, en gardant l’animal en vue à distance respectable (au moins cinq mètres). Ne tentez en aucun cas de le capturer, de le toucher, de le photographier de près ou de le tuer. Si l’animal est dans un lieu fermé (garage, cave, dépendance), fermez la porte sans le déranger et appelez immédiatement les secours : les pompiers en priorité. Toute observation de serpent inhabituel doit déclencher un appel, sans tentative d’identification rapprochée. Les autorités compétentes sont actuellement mobilisées, en lien avec des experts venimeux, pour procéder à sa capture dans les meilleurs délais.
Quelle est sa probable provenance ?
Il est difficile de répondre à cette question. Ce qui est certain, c’est qu’il ne vient pas de notre milieu naturel : cette espèce est absente sur le territoire français. Il était détenu en captivité, mais aucune idée de son origine exacte.
Le travail d’Emma Monge en quelques mots
Emma Monge est docteur vétérinaire, assistante hospitalière et résidente en médecine zoologique. Diplômée d’Oniris-Nantes en 2014, elle a également obtenu l’examen de l’European College of Zoological Medicine. Elle est spécialiste européenne en médecine zoologique des petits mammifères. À l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT), elle est responsable du service des Nouveaux animaux de compagnie (NAC). Ce service reçoit principalement des lapins, rats, tortues et poules. De temps en temps, sont accueillies plusieurs espèces d’oiseaux, comme la colombe diamant, ou de poissons, comme la carpe koï.L’École nationale vétérinaire de Toulouse est l’un des quatre établissements vétérinaires français avec Alfort, Lyon et Nantes. Fondée en 1825, elle est la plus ancienne des grandes écoles de la Ville rose. Ce site d’enseignement et de recherche est placé sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt. Mais c’est également un centre hospitalo-universitaire vétérinaire ouvert au public. Il est situé chemin des Capelles, dans le secteur de Purpan.













