Après le décès de Michel Grimaud, son bar Le Rouge et Noir, véritable institution à Toulouse, avait dû fermer ses portes. Si sa fille avait annoncé qu’elle comptait reprendre l’enseigne, son fils dément et dénonce des « mensonges ». Un conflit familial qui semble compromettre la reprise du fonds de commerce.
C’est une histoire qui n’aurait probablement jamais dû sortir du cadre familial. Mais l’avenir du bar de supporters Le Rouge et Noir, situé rue du Pont-Saint-Pierre, a beaucoup fait parler à Toulouse. Déjà parce que la mort du patron historique, Michel, a ému les habitués et les commerçants voisins. Atteint d’un cancer de la colonne vertébrale, il a été emporté par la maladie en huit mois, et son décès a précipité la fermeture de l’établissement en janvier dernier.

De nombreux anciens aficionados, qui s’y retrouvaient pour profiter de la diffusion des matchs ou de la décoration iconique et vintage, avaient partagé leur tristesse sur les réseaux sociaux. Faute de mariage ou de Pacs, Huguette, la compagne de Michel avec qui il cogérait l’enseigne depuis une vingtaine d’années, s’est vue légalement écartée de la succession, revenant de droit aux enfants de Michel, Nathan et Daphné.
Des versions contradictoires
L’histoire a pris un autre tournant quand, il y a quelques semaines, la fille de Michel a contacté La Dépêche pour annoncer qu’elle reprenait l’établissement. Elle racontait avoir trouvé, en vidant le bar, une lettre avec les dernières volontés de son père, lui demandant de continuer à faire vivre le lieu. Son projet : le rouvrir, sous une nouvelle formule mais en préservant l’esprit sportif, après plusieurs mois de travaux. Cette nouvelle avait touché, mais aussi fait la joie des clients, ravis de pouvoir retrouver cette institution.
Mais depuis, son frère Nathan est sorti du silence pour livrer une version radicalement différente. Selon lui, mais aussi selon d’autres personnes de leur famille, Daphné Grimaud aurait livré une « fausse anecdote ». Le courrier rédigé par son père n’existerait pas et elle n’aurait pas l’intention de racheter les parts de son frère afin de reprendre l’activité.
Par ailleurs, le fonds de commerce ferait l’objet d’une procédure de vente depuis déjà plusieurs semaines. Une offre d’achat aurait même été formulée par un couple de potentiels repreneurs. Ces versions contradictoires perturberaient donc tout le processus. De son côté, Daphné Grimaud campe sur ses positions et assure que la lettre de son père retrouvée est véridique et est aux mains d’un notaire.













