Partis avec une avance qu’ils pensaient suffisante, de nombreux voyageurs ont pourtant manqué leur vol au départ de l’aéroport de Toulouse-Blagnac ce samedi 30 mai. En cause : une affluence particulièrement importante au contrôle des passeports, où des centaines de passagers se sont retrouvés bloqués pendant de longues minutes. Entre forte chaleur, tensions dans les files d’attente et sentiment d’impuissance, plusieurs dizaines de voyageurs sont finalement restés au sol. Une situation qui relance les interrogations sur la capacité de l’aéroport à absorber les pics de fréquentation lors des départs internationaux. Excédé, un père de famille a choisi La Dépêche pour témoigner.
Louper son avion est souvent un cauchemar que l’on imagine plus qu’on ne le vit. Pourtant, pour de nombreux passagers au départ de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, ce scénario est devenu réalité ce samedi 30 mai. En cause : une forte affluence de voyageurs et un allongement des délais au contrôle des passeports, qui ont laissé de nombreux passagers bloqués au sol, entre tension et colère.
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11 vols internationaux et des centaines de passagers
Il est 8 h 30, samedi matin, lorsque Pierre Audinos et sa famille arrivent à l’aéroport de Toulouse avec une avance confortable sur leur vol à destination de Londres-Stansted, prévu à 10 h 40. « Nous avons déposé nos bagages en une vingtaine de minutes, puis passé les contrôles de sécurité en une dizaine de minutes », raconte le père de famille.
Les difficultés commencent toutefois lorsqu’ils rejoignent la zone internationale. « Dès les premiers tapis roulants, une file d’attente de plusieurs centaines de personnes était déjà formée. Le blocage se situait au niveau du contrôle des passeports. Seules trois guérites étaient ouvertes, ce qui ralentissait considérablement le passage », poursuit-il.

Or, ce matin-là, entre 8 h 30 et midi, pas moins de onze vols internationaux étaient programmés au départ de Toulouse-Blagnac : Istanbul, Édimbourg, Fès, Tanger, Marrakech (deux vols), Tunis (deux vols), Montréal et Londres (deux vols) (cf. la photo ci-dessous). Des centaines de passagers étaient donc susceptibles de se présenter simultanément au contrôle des passeports.

« Les voyageurs se sont énervés »
Face à l’allongement de l’attente, la tension est progressivement montée. « Au bout d’un moment, un agent de l’aéroport appelait certains voyageurs en fonction de l’heure de départ de leur vol pour les faire passer en priorité. Mais plusieurs passagers se sont énervés. Certains ont soulevé les barrières pour tenter de doubler la file. Les gens criaient, mes deux enfants ont été bousculés. En plus, il faisait très chaud. C’était l’anarchie », témoigne Pierre Audinos.
Une fois le contrôle des passeports franchi, la famille s’est précipitée vers la porte d’embarquement 60. « Mais nous avons été accueillis par trois policiers et une porte déjà fermée. Le pilote n’a pas attendu et l’avion est parti quasiment à l’heure. Nous étions une quarantaine de passagers, soit près d’un tiers de l’appareil, à être restés à l’aéroport », affirme-t-il.

Très remonté, le voyageur s’interroge sur l’organisation de la plateforme aéroportuaire : « Je ne comprends pas pourquoi autant de vols sont programmés si l’aéroport n’a pas la capacité de gérer une telle affluence. Visiblement, le contrôle des passeports n’est pas en mesure de faire passer 1 500 passagers en moins d’une heure ».
Contacté, l’aéroport indique ne pas avoir d’information sur ce sujet.












