La Fondation IFRAP vient de publier son palmarès de la gestion budgétaire des 380 premières communes de France, basé sur les données financières 2024.
Dépenses de fonctionnement, fiscalité, investissement, endettement : cinq villes d’Occitanie tirent leur épingle du jeu dans ce classement purement financier, qui tombe à pic à quelques semaines des élections municipales.
Muret : sur le podium national
C’est la performance qui a le plus surpris, et pourtant les chiffres sont là. Avec une note de 14,9 sur 20, Muret décroche la troisième place du classement général, toutes catégories et toutes tailles de villes confondues. La commune de Haute-Garonne ne se contente pas de briller dans sa strate : elle se hisse directement derrière Saint-Germain-en-Laye et Beaupréau-en-Mauges dans un palmarès qui couvre des villes de 24 000 à plus de 2 millions d’habitants.
Les indicateurs parlent d’eux-mêmes. La dépense réelle de fonctionnement ne dépasse pas 1 673 euros par habitant, la dette est contenue à 500 euros par habitant, et l’effort d’investissement atteint en moyenne 799 euros par habitant sur les cinq dernières années. L’IFRAP souligne par ailleurs l’originalité de sa méthode : les chiffres intègrent non seulement le budget de la commune mais aussi celui de l’intercommunalité à laquelle elle appartient, ce qui rend la comparaison d’autant plus fiable.
Rodez : la rigueur aveyronnaise dans les chiffres
Rodez n’en finit plus d’accumuler les distinctions. Après ses performances répétées dans les classements de qualité de vie, la préfecture de l’Aveyron confirme cette fois sa solidité financière avec une note de 13,4 sur 20, cinquième meilleure performance de sa strate démographique. La ville affiche une dépense de fonctionnement de 1 791 euros par habitant et surtout une dette remarquablement faible à 638 euros par habitant, quand la moyenne nationale de la strate tourne autour de 1 760 euros. L’investissement, lui, reste dynamique à 935 euros par habitant, signe que la maîtrise budgétaire ne se fait pas au détriment du développement local.
Toulouse : 3e des très grandes villes de France
Avec plus de 509 000 habitants, Toulouse joue dans une autre catégorie, celle des vingt plus grandes communes françaises. Et dans cette ligue, la Ville rose décroche la troisième place avec 12,4 sur 20, derrière Toulon et Villeurbanne, et devant Reims. Un résultat d’autant plus notable que les métropoles de cette taille cumulent généralement des niveaux de dépenses et d’endettement structurellement élevés.
Toulouse affiche une dépense de fonctionnement de 2 077 euros par habitant, dans la moyenne haute de sa catégorie, mais compense par une dette de 1 939 euros par habitant nettement inférieure à celle de Bordeaux (3 613 euros) ou de Grenoble (3 756 euros). L’effort d’investissement, à 709 euros par habitant, place la capitale occitane dans une position équilibrée entre gestion courante maîtrisée et projection vers l’avenir.
Auch : une gestion discrète mais solide
Moins médiatisée que ses voisines, la préfecture du Gers s’en sort pourtant très bien dans ce classement financier. Auch obtient une note de 11,7 sur 20 dans la strate des villes de 24 000 à 27 000 habitants, ce qui la place parmi les communes les mieux tenues de France à population comparable. Avec une dépense de fonctionnement de 1 940 euros par habitant et une dette limitée à 939 euros par habitant, la ville affiche des ratios équilibrés qui témoignent d’une gestion rigoureuse des finances publiques locales. Les impôts locaux s’établissent à 1 002 euros par habitant, un niveau raisonnable dans sa catégorie.
Albi : le Tarn dans le peloton de tête
Albi ferme ce top 5 occitan avec une note de 11,5 sur 20 dans la strate des villes de 51 000 à 66 000 habitants, l’une des plus denses du classement avec cinquante communes en compétition. La préfecture du Tarn y tient son rang : dépense de fonctionnement à 1 954 euros par habitant, impôts locaux parmi les plus modérés de la strate à 927 euros par habitant, et un effort d’investissement soutenu à 778 euros par habitant. Sa dette, à 2 258 euros par habitant, reste dans des proportions raisonnables comparée à certaines villes de même taille qui dépassent les 3 500 euros.
Ce palmarès, publié à quelques semaines des élections municipales de mars 2026, donne aux habitants d’Occitanie un éclairage concret sur la manière dont leur argent a été géré. Pour ceux dont la commune ne figure pas dans ce top régional, les données de toutes les villes de plus de 24 000 habitants sont accessibles en open data sur le site de la Fondation IFRAP.










