Alors que le thermomètre dépasse les 35°C dans l’agglomération toulousaine mi-juin, la location de piscines entre particuliers séduit de plus en plus de familles en quête de fraîcheur. Reportage chez une propriétaire qui accueille des baigneurs tout l’été via la plateforme de réservations Swimmy.
Il est 13 heures, ce dimanche 14 juin, le thermomètre dépasse les 30 degrés dans le quartier Saint-Simon, à Toulouse. Derrière un portillon blanc discret, un bassin de 11 mètres sur 5 scintille sous le soleil. Quelques transats à l’ombre des arbres, une glacière, des éclats de rire. Rien ne distingue vraiment cette maison des autres. Sauf que, cet après-midi, Marie, la propriétaire des lieux accueille des inconnus venus louer son jardin et sa piscine.
« Le Airbnb de la piscine »
Depuis plusieurs années, la plateforme Swimmy propose aux particuliers de mettre leur piscine en location, sur le modèle d’Airbnb. En France 6.500 piscines sont ainsi mises en ligne, dont 80 en ce moment à Toulouse. Le principe est simple : les propriétaires fixent un tarif horaire par personne, les utilisateurs réservent en ligne et la plateforme assure la mise en relation. Les réservations sont payées à l’avance, auxquelles s’ajoutent des frais de service de 17 %. « C’est le Airbnb de la piscine » compare Marie.
Cette propriétaire toulousaine, s’est lancée en 2021, dans le sillage du Covid. « Les piscines municipales étaient encore fermées. J’ai découvert le concept dans un journal et je me suis dit : pourquoi pas ? » Depuis, ses week-ends d’été sont rythmés par les réservations. « Je loue la piscine mais aussi tout l’espace extérieur, de fin mai à septembre, sur certains créneaux où je ne m’en sers pas. »
Passer le robot, laver la terrasse…
Pour accueillir les visiteurs, elle a investi dans des transats, des jouets gonflables et instauré quelques règles. « J’ai interdit la musique à cause du voisinage. Je demande aussi aux enfants d’éviter de crier ou de manger dans la piscine. » Entre deux locations, nettoyage minutieux de la terrasse et passage du robot dans le bassin sont de rigueur.
Ce dimanche, c’est Émilie qui a réservé le lieu pour passer du temps en famille et entre amies. Venue de Frouzins, elle débourse 115 euros pour cinq heures de baignade à quatre personnes. Un budget assumé. « C’est un prix, c’est sûr, mais quand on compare avec l’essence, les péages pour aller à la mer, ou certaines piscines privées à plus de 200 euros l’après-midi sur Toulouse, là on s’y retrouve. Ça fait dans les trente euros par personne pour passer une chouette après-midi. »
Plus calme que la piscine municipale
Ce qui séduit surtout les locataires, c’est l’intimité. « À la piscine municipale, il y a du monde partout. On peut être complexée. Ici, on est entre nous », apprécie Leïla, sa meilleure amie, venue avec sa fille adolescente. Même constat pour Véronique, la maman d’Emilie : « On est plus à l’aise. Là, c’est calme, c’est propre, on profite. »
Pour les propriétaires, la location de leur piscine peut leur rapporter plusieurs centaines d’euros par mois, selon leurs disponibilités et le prix fixé. Marie facture 6 euros de l’heure par personne, avec tarif réduit pour les enfants, c’est un des tarifs les moins chers du secteur. « Ça couvre surtout les frais d’entretien du jardin et de la piscine et ça assure un petit complément », confie-t-elle.
Selon la plateforme Swimmy, les propriétaires perçoivent en moyenne 1.200 euros sur la saison, les plus actifs peuvent percevoir jusqu’à 30.000 euros en un été, en louant leur piscine, et des services additionnels : mise à disposition d’un barbecue, accès au sauna, jacuzzi, hammam, terrain de pétanque ou de volley.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555











