Il dit lui-même “Toulouse, c’est chez moi.” Avant de flotter à 400 kilomètres au-dessus de la Terre, Thomas Pesquet a sillonné la Ville rose pendant plus de vingt ans. Étudiant, ingénieur, pilote en formation, astronaute en préparation de mission, chaque étape de son parcours a une adresse toulousaine. Avec une troisième mission dans l’espace annoncée pour 2027, le moment est idéal pour refaire le tour des lieux qui l’ont construit.
L’ISAE-SUPAERO, là où tout a basculé
En 1998, un jeune Normand de 20 ans quitte Dieppe et sa prépa rouennaise pour rejoindre Supaéro, l’École nationale supérieure de l’aéronautique et de l’espace, aujourd’hui rebaptisée ISAE-SUPAERO, avenue Marc-Pélegrin dans le quartier de Rangueil. Il en sort diplômé en 2001, spécialisé en conception et contrôle des satellites. En trois ans, il se fond dans Toulouse, se met au rugby, noue des amitiés qui dureront toute sa carrière. C’est dans ces couloirs qu’il croise pour la première fois le milieu aérospatial de plein fouet.
L’école n’a jamais vraiment rompu le fil avec lui. Il y revient régulièrement rencontrer les étudiants. La promotion 2025 a pu y croiser aussi Sophie Adenot, autre diplômée de la maison, actuellement en mission à bord de l’ISS.
Le CNES, premier terrain spatial (2002-2004)
Un an après sa sortie de Supaéro, Pesquet rejoint le Centre national d’études spatiales, installé au Centre spatial de Toulouse sur l’avenue Édouard-Belin. Pendant deux ans, il y travaille comme ingénieur de recherche sur l’autonomie des missions spatiales, planche sur l’harmonisation des technologies européennes, représente le CNES à des instances internationales. Rien de glamour en apparence. Mais c’est là que la logique du métier d’astronaute commence à prendre forme dans sa tête.
Le CNES ne sera jamais vraiment loin. Lors de ses deux missions sur l’ISS, en 2016-2017 puis en 2021, c’est le CADMOS (Centre d’aide au développement des activités en micropesanteur, hébergé au Centre spatial de Toulouse depuis 1993) qui pilote et suit à distance les expériences scientifiques qu’il réalise en orbite. Sept expériences françaises lors de la mission Proxima, douze lors d’Alpha. Les équipes toulousaines sont son lien direct avec la Terre pendant des mois.
Airbus Training Centre à Blagnac, retour sur simulateur
En janvier 2018, quelques mois après son retour de sa première mission, Thomas Pesquet s’installe au centre de formation d’Airbus à Blagnac pour plusieurs semaines. L’objectif : se qualifier sur l’Airbus A310 Zéro-G de Novespace, l’avion des vols paraboliques qui recréent les conditions d’apesanteur.
Formation sur simulateur, apprentissage de l’A310, puis vols paraboliques réels, à l’issue de cette séquence, il sera qualifié pour piloter lui-même l’appareil utilisé pour entraîner d’autres astronautes et mener des expériences scientifiques en impesanteur. Un retour aux sources dans la capitale mondiale de l’aéronautique civile.
La Cité de l’Espace, vitrine toulousaine de ses aventures
Depuis sa première mission, la Cité de l’Espace est devenue le lieu où Toulouse vit les missions de Pesquet en temps réel. Les décollages y sont retransmis en direct devant des centaines de spectateurs. Des expositions immersives y ont été montées pour chaque mission.
En juin 2022, à son retour de la mission Alpha, plus de 5 000 personnes s’étaient rassemblées sur le campus pour l’écouter raconter ses six mois en orbite, un record de fréquentation pour le site. Ce matin-là, avant de rejoindre la Cité, il était passé au CNES saluer les équipes du CADMOS qui l’avaient accompagné pendant toute la mission.
2027 : une troisième mission, et Toulouse encore dans la boucle
Le 1er juin 2026, au sommet Choose France, la France a annoncé un accord avec la société américaine Vast pour deux missions spatiales privées. Thomas Pesquet commandera la mission PAM-6, sixième mission privée vers l’ISS, prévue à l’été 2027 au plus tôt. Ce serait son troisième vol. Le CNES de Toulouse coordonnera, comme à chaque fois, les expériences scientifiques françaises embarquées.
Vingt-neuf ans après être descendu du train gare Matabiau avec son bagage d’étudiant, l’astronaute le plus célèbre de France prépare déjà son prochain départ, et les équipes de la Ville rose seront, une fois de plus, à la manoeuvre depuis leurs bureaux du Centre spatial.











