Deuxième nuit de couvre-feu à Toulouse, ce mardi 16 juin pour le match des Bleus dans le Mondial 2026 face au Sénégal. Entre 22h et 5h, les moins de 16 ans ne pouvaient pas mettre le pied dehors sans être avec un responsable légal. ICI Occitanie a rencontré des collégiens qui bravent l’interdit.
À Toulouse, la deuxième nuit de couvre‑feu pour les mineurs de moins de 16 ans non accompagnés par un responsable légal a coïncidé avec l’entrée des Bleus dans le Mondial 2026 et leur victoire 3-1 contre le Sénégal, ce mardi 16 juin. Malgré l’interdiction de se trouver dans l’hypercentre, les quartiers Marengo, Bonnefoy et Saint-Cyprien, certains adolescents ont bravé la règle, sans la connaître.
« On a pas le droit d’être dehors ? »
Place Wilson, en plein cœur de Toulouse, l’ambiance est électrique : les bars diffusent le premier match des Bleus au Mondial 2026 contre le Sénégal et les cris des supporters résonnent dans le square. À quelques mètres, deux adolescents de 14 ans, qui souhaitent qu’on les appelle « Lacrade » et « Tounsi », sont assis sur un banc. Ils apprennent qu’ils n’ont pas le droit d’être dehors après 22 h, mais assument leur présence. « On a pas le droit d’être dehors ? », s’interroge Lacrad. « On devait rentrer en train mais on l’a raté. Je ne savais pas qu’il y avait un couvre-feu, » dit Tounsi.
Les moins de 16 ans ne peuvent pas être dehors de 22h à 5h dans l’hypercentre ainsi que les quartiers Bonnefoy, Marengo et Saint‑Cyprien. Sauf s’ils sont avec un responsable légal. Cela vaut pour tous les matchs de poule de l’équipe de France, mais aussi ceux du Maroc et Tunisie–Pays‑Bas. Arrêté pris par la mairie de Toulouse la semaine dernière après les débordements de la finale de la ligue des Champions le 30 mai :18 interpellations dans la ville rose, dont 11 mineurs.
« Je suis responsable »
Lacrade et Tounsi racontent être venus se détendre en ville après une journée au lac de la Ramée. Pour eux, ce couvre‑feu ne change pas grand‑chose et ils assument d’être dehors : « je vis mon enfance comme je veux, tant que mes parents sont d’accord », dit Tounsi. « »Mes parents me font confiance, je suis quelqu’un de responsable, je sais ce que je fais, on est pas tous les mêmes parce que y en a, ils font n’importe quoi. »
Quand on leur pose des question du Mondial des Bleus, du foot, ils répondent qu’ils « ont d’autres priorités » , comme réviser le brevet : « Là, par exemple, je viens d’entendre des cris devant la télé, quelqu’un qui a marqué, je m’en pète un rein parce que j’ai d’autres priorités dans ma vie. »
Une mesure difficile à faire respecter, selon un syndicat de police
Autour du square Wilson, deux voitures de la police municipale stationnent devant les bars. Pas de contrôle avant la fin du match, confie un agent hors micro. Pour Christophe Marin, secrétaire du syndicat Un1té en Haute-Garonne, la tâche est immense : « Contrôler tous les jeunes dans la rue, différencier quia plus ou moins de 16 ans est quasiment impossible. Les effectifs sont limités, les missions nombreuses, et les regroupements de mineurs peuvent vite dégénérer. »
Il rappelle que la première responsabilité revient aux parents, invités à maintenir leurs enfants au domicile pendant ces soirées « à risque ».
Tounsi, lui, ne semble pas inquiet face à une éventuelle amende de 150 euros. Il explique que sa mère suit sa localisation via une application et peut venir le chercher à tout moment. Quelques minutes plus tard, les deux adolescents quittent d’ailleurs leur banc : leurs mères respectives arrivent en voiture pour les récupérer.
La soirée a été calme ce mardi 17 juin. Il n’y a pas eu de débordements, ni de jeunes arrêtés, confirme le directeur de cabinet de la préfecture Occitanie.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555













