10 000 voyageurs empruntent la ligne Toulouse-Auch tous les jours et ils rencontrent beaucoup de difficultés entre les retards, les annulations de train ou les trajets écourtés. Un plan d’urgence pour les lignes régionales avait été présenté fin 2025, avec pour objectif des travaux de modernisation entre cet été 2026 et début 2027. Mais les usagers trouvent le temps long. Témoignages.
Une nouvelle fois, ce mardi 16 juin, le train Toulouse-Auch, censé arriver à 8 h 54 précisément dans le chef-lieu gersois, n’a jamais atteint sa destination finale. Et pour cause, le train a été bloqué une trentaine de minutes entre les gares de L’Isle-Jourdain et de Gimont-Cahuzac, en raison d’un passage à niveau « qui fait des siennes », d’après la cheffe de bord de la SNCF.
Au final, le terminus a été fixé à Gimont, au lieu de passer par les gares d’Aubiet et d’Auch. Avant d’attendre le prochain train…
Dépendants d’une ligne défaillante
En ce mardi matin, des voyageurs de la ligne transportant environ 10 000 voyageurs par jour (dont beaucoup de voyageurs sur le tronçon L’Isle-Jourdain-Toulouse) ont donc été bloqués et obligés d’attendre environ 50 minutes, avant de reprendre place dans un TER à destination d’Auch aux alentours de 10 heures.
Mélissa, 23 ans, se rendant à Auch depuis Toulouse pour son service civique, s’est retrouvée incommodée. « Techniquement, j’ai une réunion à 9 h 30, donc je n’y serai pas. J’espère juste ne pas arriver à midi, sinon faire l’aller-retour pour bosser que l’après-midi, ça ne vaut pas le coup… »
Comme tous les voyageurs présents, la jeune femme était dans l’incertitude de la suite de sa journée, dépendante d’une ligne défaillante. Amal, 26 ans, stagiaire sur Auch, en est également l’exemple, ne sachant pas s’il valait mieux rentrer sur Toulouse et télétravailler ou attendre le prochain train.
Plan d’urgence et travaux de modernisation
Le problème freinant la circulation ce mardi matin n’est pas le premier, il prend place dans une marée de retards, d’annulations de trains et de problèmes en tout genre en 2025.
Dans le but de pallier ce genre d’incidents, un plan d’urgence exigé par la présidente de Région, Carole Delga, a été présenté par la SNCF le 17 décembre dernier à Montpellier.
Ce plan prévoyait des travaux de modernisation de la ligne dès 2026, avec, en premier lieu, le remplacement d’un pupitre de télécommande sur Brax. À cela viennent s’ajouter des travaux sur la voie programmés entre fin 2026 et début 2027.
Tous ces travaux prendront effet cet été, « si le verdict de l’État, concernant la requalification de la ligne en tant que ligne structurante, s’avère favorable », confirme Eric Cadoré, conseiller régional et vice-président du Grand Auch (Eau, Climat, Biodiversité).
« Le moindre retard se répercute sur toute la ligne »
De nouveaux aménagements qui ne seraient pas de trop, d’après certains voyageurs : « L’amélioration à faire serait d’avoir deux voies tout le long, parce que le moindre retard se répercute sur toute la ligne », déplore Mélissa.
Actuellement, les voies restent simples au-delà de Colomiers, même si les gares de Brax-Léguevin, L’Isle-Jourdain et Gimont-Cahuzac permettent le croisement des trains.
Les voies ferrées sont également ralenties, car victimes d’actes de malveillance récurrents et très pénalisants. La SNCF s’était alors engagée à intensifier l’identification des zones à risque et à renforcer les dispositifs de surveillance pour les installations.
Depuis ces bonnes résolutions, fin 2025, l’amélioration ne s’est pas forcément faite ressentir, comme pour Justine, 20 ans, qui prend le train au moins deux fois par semaine à la gare de L’Isle-Jourdain. « Je prenais déjà le train en décembre et honnêtement je ne sais pas ce que ça a donné, je ne vois pas de différence », explique-t-elle.
La suite des travaux amènera à l’avenir peut-être plus de sérénité aux voyageurs de la ligne, assez tourmentée, Toulouse-Auch.












