Les randonneurs ne pourront plus se baigner dans les lacs de montagne du cœur du Parc national des Pyrénées. Entrée en vigueur début juin, cette nouvelle réglementation vise à limiter les impacts de la fréquentation touristique sur des milieux naturels fragiles.
Les randonneurs qui avaient pris l’habitude de se rafraîchir dans les lacs d’altitude devront désormais s’en passer. Depuis le 2 juin dernier, la baignade est interdite dans tous les lacs de montagne situés au cœur du Parc national des Pyrénées, en Béarn comme en Bigorre.
La mesure concerne l’ensemble des 76 plans d’eau de la zone cœur : lacs, laquets, mares et autres eaux stagnantes. Concrètement, il n’est plus autorisé de s’y baigner, même brièvement pour se rafraîchir après une randonnée ou simplement tremper les pieds au bord de l’eau.
Cette nouvelle règle intervient alors que les sites de montagne attirent chaque année davantage de visiteurs. Avec les épisodes de chaleur plus fréquents, certains lacs d’altitude sont devenus des lieux de halte très prisés pendant la saison estivale.
Des milieux fragiles face à une fréquentation en hausse
Pour le Parc national des Pyrénées, cette augmentation de la fréquentation n’est pas sans conséquence. Les lacs de montagne abritent une biodiversité discrète mais sensible. Le passage répété des baigneurs peut dégrader les herbiers aquatiques et perturber les petits organismes qui vivent au fond des lacs.
Également pointés du doigt, les effets des produits utilisés lors des sorties en montagne. Crèmes solaires, répulsifs contre les moustiques ou autres substances appliquées sur la peau peuvent se retrouver dans l’eau et altérer des milieux naturels réputés pour leur qualité.
Le Parc national des Pyrénées rappelle que ces espaces aquatiques sont « reconnus pour la pureté de leur eau » et qu’ils constituent des écosystèmes « inestimables et fragiles ».
Sensibilisation sur les sentiers cet été
Dans un premier temps, les visiteurs seront surtout informés de cette nouvelle réglementation. Des panneaux doivent être installés sur plusieurs sites fréquentés et des agents du parc iront à la rencontre du public pour expliquer les raisons de cette interdiction.
Par la suite, des contrôles pourront être réalisés par les agents du Parc national des Pyrénées, les gendarmes ou encore les agents de l’Office français de la biodiversité. Une infraction est passible d’une amende de 135 euros.
La baignade n’est pas la seule activité concernée par l’évolution de la réglementation. Dans les cours d’eau du cœur du parc, la randonnée aquatique est désormais interdite. D’autres pratiques, comme la pêche, le canyonisme ou le canoë-kayak, restent possibles mais dans un cadre réglementé.
















