À quelques centaines de mètres de la base de loisirs de Sesquières, au nord de Toulouse, un terrain privé s’est transformé en véritable décharge à ciel ouvert. Des entrepreneurs clandestins abandonnent des tonnes de gravats et une cuisine entière sur un terrain privé. À bout de forces, la propriétaire du site, gérante du restaurant routier La Glacière, assure subir depuis des années les dépôts sauvages de particuliers et de professionnels. Malgré les barrières, caméras et autres dispositifs installés, le phénomène continue de prendre de l’ampleur. La propriétaire raconte vouloir barricader les accès pour stopper ce fléau. On vous dévoile cette affaire.
Des pneus usagés, des sacs-poubelles, des cartons, des gravats, des déchets de chantier et même une cuisine équipée abandonnée. À proximité immédiate de la base de loisirs de Sesquières, un terrain privé longeant le restaurant routier La Glacière est devenu le terrain de jeu des dépôts sauvages. Une véritable décharge à ciel ouvert à deux pas du site d’accrobranche et du lac où les Toulousains viennent chercher un peu de fraicheur. Pour Sophie Gimet, la propriétaire des lieux, la situation est devenue intenable. « J’ai honte. Et surtout, je ne sais plus quoi faire », confie la restauratrice, visiblement à bout.
« J’ai tout essayé »
La gérante assure se battre depuis des années contre ces décharges illégales sur ce terrain qui lui sert de parking pour ses clients. « J’ai un restaurant routier. Je suis obligée de laisser l’accès ouvert parce que les camions peuvent arriver à n’importe quelle heure. C’est là qu’ils en profitent pour venir décharger leurs déchets », explique-t-elle.
Face au problème, elle affirme avoir multiplié les tentatives. « J’ai essayé les chaînes, elles ont été cassées. J’ai installé des caméras, elles ont été poussées. J’ai mis des barrières. Rien n’y fait. »

Sur le site, plusieurs pneus sont alignés le long du terrain. Ils ne font pas partie des déchets abandonnés. « Maintenant, je les empile pour empêcher les véhicules d’entrer. C’est la seule solution que j’ai trouvée », souffle-t-elle.
« Des garagistes, des paysagistes, des électriciens… »
Selon Sophie Gimet, les dépôts ne proviennent pas uniquement de particuliers. « Je vois ce qu’ils jettent. Il y a des paysagistes, des électriciens, des garagistes. Tout le monde y passe. La semaine dernière, on m’a même laissé une cuisine équipée entière. »
La restauratrice estime que le durcissement des conditions d’accès en déchetterie a pu accentuer le phénomène. « Aujourd’hui, c’est devenu n’importe quoi. Il y en a partout. » Des primeurs viennent y jeter leurs cagettes de fruits et légumes, « ça attire les rats » déplore la propriétaire. Et quand elle essaie de les empêcher, les récalcitrants jettent leurs détritus dans le fossé qui longe le site, sans scrupule.
« Mettez une caméra de vidéoprotection ! »
Excédée, Sophie Gimet a sollicité à plusieurs reprises la mairie. « J’ai demandé qu’on m’aide. J’ai même proposé qu’on installe une caméra comme celle qui existe déjà à proximité. Si les gens savent qu’ils peuvent être verbalisés, ils ne viendront plus. » Elle assure avoir déjà fourni des plaques d’immatriculation aux forces de l’ordre, sans résultat.

Une situation connue de la mairie
Maire de quartier Sesquières Ginestous Lalande Sept-Deniers, Olivier Arsac confirme suivre le dossier depuis de nombreuses années. « Depuis toujours, de temps en temps, des personnes indélicates viennent utiliser ce terrain comme décharge », indique-t-il.
L’élu rappelle toutefois que le terrain est privé et que son nettoyage relève de la responsabilité du propriétaire. Selon lui, une solution pourrait toutefois émerger prochainement.
Une nouvelle destination pour ce terrain prochainement ?
« La gérante souhaite partir à la retraite et le terrain est en cours de discussion avec un investisseur. Cette parcelle a vocation à muter dans un délai raisonnable, sans doute dans l’année qui vient. »
Pour Olivier Arsac, l’arrivée d’une nouvelle activité économique sur le site permettrait de faire disparaître définitivement ces dépôts sauvages. « Cela éradiquera ce phénomène malheureux », estime l’élu.












