Le coût de la ligne C du métro est désormais évalué à 3,685 milliards d’euros, loin des 2,4 milliards évoqués il y a dix ans, au lancement du projet. La majorité politique à Toulouse Métropole indique que cette hausse de plus de 1 milliard en dix ans est due en partie à une hausse du coût des matériaux après les crises successives du Covid, de la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient, mais aussi à l’inflation. De quoi susciter à nouveau le débat sur le plus gros chantier de l’agglomération, mais aussi sur son financement au cours des prochaines années.
Ces dernières semaines, les tunneliers avalent les kilomètres et les travaux des stations de la ligne C du métro avancent à marche forcée pour livrer fin 2028 ce chantier de la décennie, comme promis par Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse. Mais au fur et à mesure qu’il avance, ce projet titanesque voit son coût prendre de l’ampleur.
Lors de la présentation en 2016 de ce projet phare du plan de déplacements urbains, qui va relier Colomiers à Labège sur 27 km, il était évalué à 2,4 milliards d’euros. Trois ans plus tard, il avait grimpé de 300 millions d’euros. Une décennie après, il est désormais de 3,685 milliards d’euros selon une information d’Actu Toulouse, confirmée à La Dépêche du Midi par Sacha Briand, vice-président aux Finances de Toulouse Métropole et membre de Tisséo Collectivités.
Soit en dix ans, un différentiel de 1 milliard, ce qui est loin d’être une paille. Avant les élections municipales, le budget avancé était de 3,44 milliards d’euros et son financement a suscité de nombreux débats durant la campagne électorale, mais aussi avant, lors des réunions de Toulouse Métropole. Comme cela sera encore le cas ce jeudi lors d’une nouvelle séance du conseil métropolitain.
Hausse des coûts et inflation
Pour expliquer cet énorme surcoût, la majorité avance deux raisons. « En 2016, nous étions avant la crise économique, sanitaire, la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient. Il y a eu là une hausse du coût du projet à cause de la hausse des prix des matériaux entre la phase de projet et le lancement des marchés. On est passé de 2,4 à 2,7 milliards puis à 3,1 milliards », reconnaît Sacha Briand, évoquant des faits similaires sur l’ensemble des grands chantiers, victimes de la conjoncture nationale.
Et puis il y a selon lui une deuxième cause à ces millions d’euros en plus, c’est l’actualisation de la valeur de l’argent qui n’est pas la même en 2016 qu’en 2026. L’inflation, et en particulier les 10 % de hausse en 2023-2024. « C’est comme pour quelqu’un qui paie un loyer, pour le même appartement il faut voir ce que cela lui coûtait en 2016 et ce que cela lui coûte aujourd’hui », compare Sacha Briand.
Alors faut-il s’attendre à voir encore bondir la facture d’ici à la fin des travaux ? « En 2026, nous aurons payé déjà une très grande partie des travaux. Il y aura encore une actualisation des prix, mais sur des fractions limitées », veut rassurer le grand argentier toulousain.
Comment financer ces 300 millions d’euros
Reste que ces 300 millions d’euros supplémentaires devront être financés. Sacha Briand assure que ces hausses et actualisations de coût ont été prises en compte dans la dernière, et septième, étude de soutenabilité financière. « C’est déjà intégré, nous avons démontré la soutenabilité du modèle. Et si les financeurs nous prêtent, c’est qu’ils le pensent. Cela va s’étaler sur une durée moyenne de 25 ans. Et dans 25 ans, on aura un versement mobilité (Ndlr : payé par les entreprises) qui sera peut-être de 500 millions, contre 330 millions aujourd’hui », poursuit l’élu de la majorité.
Reste que cette mise à jour du coût suscite déjà des commentaires. « Cette hausse était évidente. La ligne C verra le jour, personne ne le conteste, elle aurait pu être faite autrement mais Jean-Luc Moudenc s’est entêté. Maintenant, il reste à savoir quels projets vont en pâtir, l’argent ne tombant pas du ciel », a réagi l’élue d’opposition Agathe Roby. À n’en pas douter, le débat va perdurer.











