Vendredi soir, bien avant le coup d’envoi de la demi-finale entre le Stade Toulousain et le Racing 92, plusieurs centaines de supporters auront déjà parcouru les 400 kilomètres qui séparent Toulouse et Marseille. Un déplacement devenu presque habituel pour les fidèles supporters rouge et noir. Cette fois pourtant, le défi est plus grand : le match se joue un vendredi, en pleine journée de travail. On vous raconte comment les supporters toulousains s’organisent pour aller quand même à Marseille, une ville qui porte bonheur au Stade.
À 7 heures du matin, sur le parking d’Ernest-Wallon, les premiers bus affrétés par les associations de supporters prendront la route vers la cité phocéenne ce vendredi. Pour Jean-Marc Arnaud, président du « Huit » et organisateur de déplacements depuis près de vingt ans, l’équation n’a jamais été aussi compliquée. « Le principal problème, ce n’est pas le prix. C’est de savoir si les gens peuvent poser leur vendredi », explique cette figure du plus gros club de supporters. « On a rencontré énormément de difficultés pour remplir les bus. Beaucoup de supporters ne savaient pas s’ils obtiendraient leur journée auprès de leur employeur. »
Une fréquentation divisée par deux
Si la demi-finale avait été programmée le samedi, les associations estiment qu’elles auraient probablement doublé leurs effectifs. Jean-Marc Arnaud évoque même une fréquentation divisée par deux par rapport à un week-end classique de phase finale. Pourtant, malgré les contraintes, les supporters répondent présent. Comme beaucoup d’autres, Jérémy, salarié chez Enedis, a anticipé depuis plusieurs semaines. « J’ai posé mon vendredi. Mon père aussi. On savait que Toulouse finirait premier et qu’il y avait de fortes chances que la demi-finale soit programmée ce jour-là. »
Vendredi matin, ils partiront donc en voiture direction Marseille. Une centaine d’euros de carburant, une soixantaine d’euros de péage, une journée de congé sacrifiée : le prix de la passion.
Car pour les supporters toulousains, le Vélodrome n’est pas un stade comme les autres. « Quand on apprend que la demi-finale est à Marseille, on sait qu’on va vivre un grand moment, confie Jean-Marc Arnaud. On préfère venir ici plutôt qu’à Lille ou même à Lyon. Il y a quelque chose de particulier au Vélodrome. » Au fil des années, l’enceinte marseillaise est devenue un décor familier des grandes victoires toulousaines. Les souvenirs s’y accumulent, à l’image de la finale du Top 14 remportée en 2024 face à l’UBB et, plus récemment, de la large victoire face à Toulon il y a quelques semaines.
Un porte-bonheur
Le Vélodrome porte-t-il chance aux Rouge et Noir ? La question revient régulièrement chez les supporters. Sans aller jusqu’à parler de superstition, beaucoup reconnaissent une relation particulière entre le club et cette enceinte de plus de 67 000 places. Son architecture et son atmosphère lui confèrent une dimension presque unique dans le rugby français.
Face au Racing 92, dont la base de supporters reste plus réduite, les Rouge et Noir espèrent imposer leur couleur dans les tribunes. Un scénario que beaucoup jugent possible malgré les difficultés de déplacement. « Je pense que le stade sera quand même assez rouge et noir, assure Jean-Marc Arnaud. Il y aura des Toulousains qui viennent de partout : de Paris, de Lille, de Rhône-Alpes. Certains ne voient le Stade Toulousain qu’à l’occasion des phases finales et ils se sont organisés pour être là. »
Même sentiment chez Jérémy, même s’il s’attend à une ambiance différente de certaines affiches passées. « Si ça avait été Pau en face, il y aurait peut-être eu davantage d’animation, de chambrages entre les supporters. Mais je pense qu’il y aura quand même beaucoup de Toulousains. »
Dans les bus, les voitures ou les trains, ils seront plusieurs milliers à converger vers Marseille. Avec le même objectif : transformer, le temps d’une soirée, le Vélodrome en annexe d’Ernest-Wallon.
Le rendez-vous des fidèles
Comme lors des précédentes phases finales à Lyon ou Bordeaux, les supporters toulousains disposeront d’un point de rassemblement à Toulouse pour se rendre à Marseille. Vendredi matin, le départ des bus au stade Ernest-Wallon est fixé à 7 h 30. Le groupe du Huit, présidé par Jean-Marc Arnaud, prévoit notamment quatre bus, soit près de 240 personnes. Avec les autres associations, plusieurs centaines de supporters effectueront le déplacement de manière organisée.
Du côté de Marseille, pour retrouver les supporters toulousains venus des quatre coins de la France, il faudra se rendre à la buvette du parc Chanot au pied du Vélodrome. Avant la rencontre, les supporters rouge et noir ont l’habitude de se retrouver pour partager un moment ensemble.












