En étrillant le Racing en demi-finales du Top 14 ce vendredi 19 juin (71-17), le Stade Toulousain a évacué tous les doutes planant au-dessus de lui. Les critiques qui se sont cristallisées autour de l’équipe à cause d’une fin de saison timorée ont finalement été un moteur plus qu’autre chose.
C’est dans l’adversité que l’on devient plus fort. C’est également face aux critiques que l’on répond le mieux. Quelle meilleure répartie le Stade Toulousain pouvait-il dégainer qu’une prestation majuscule, jamais vue à ce niveau de la compétition ? Au-delà de marquer encore l’histoire du rugby français en signant la plus grosse victoire dans une demi-finale du championnat de France (71-17), les « rouge et noir » ont balayé toutes les inquiétudes générées par une fin d’exercice timide, jonchée de copies plus proches de la moyenne que du 20 sur 20, entre une élimination en quarts de finale de la Champions Cup à Bordeaux (15-30), un revers à la maison contre Clermont (24-27), ou un succès peu probant face à Lyon à Ernest-Wallon (39-31).
« Franchement, c’est souvent grâce à vous (les journalistes, ndlr). Je comprends que vous ayez une analyse très fine de ce qui peut se passer chez nous, mais il n’empêche que je doute encore. Mais le doute n’est pas une maladie. Plutôt quelque chose qui nourrit l’éveil, l’attention, la capacité à se remettre en question. Et ce groupe a certainement besoin d’être dans le doute, avec un brin de peur de mal faire ou de ne pas jouer à son niveau », observait le manager haut-garonnais Ugo Mola.
Il faut dire que le Stade qui s’est produit à Marseille face au Racing, ce vendredi 19 juin, n’avait pas fait surface depuis un bail. Dans les Bouches-du-Rhône, le rouleau compresseur s’est remis en marche, avec des avants à la pointe du combat, écrasant tout sur son passage.
De quoi marquer le retour d’un Toulouse en cannes. « Je ne sais pas, et je n’ai pas trop envie d’en parler parce qu’après, vous analysez tout, souriait l’ailier Matthis Lebel. On nous a dit qu’on doutait, et là, vous allez dire qu’on est en forme. Ce qu’on sait, c’est qu’on se concentre sur nous, qu’on travaille le mieux possible, qu’on est conscients qu’il y a eu des périodes délicates sur la fin de saison, avec un contexte très particulier, sachant qu’on était qualifiés. On a cherché à rester hermétiques à tout ce que les uns ou les autres pouvaient dire. »
« Un levier » pour un supplément d’âme
Si le Gersois assure que les critiques formulées à l’encontre de son groupe, qui balbutiait son rugby ces précédentes semaines, ont plus tendance « à glisser sur les joueurs » qu’à leur miner le moral, elles ont néanmoins été converties en carburant afin de motiver les troupes. Une recette que le staff applique parfaitement, et ce depuis plusieurs saisons désormais. « Oui, peut-être qu’Ugo s’en sert comme levier, pour faire naître un supplément d’âme en nous, concédait Lebel. Ce qui en ressort, c’est surtout une grosse solidarité entre nous. Que ce soit un joueur mis dans le viseur de certaines personnes ou le groupe dans son ensemble, on fait bloc et on tente de répondre sur le terrain comme on l’a fait contre le Racing. »
Et très bien, car les Stadistes ont renoué avec leur précision, engendrant ce jeu de mouvement à coups de passes devant la défense et après-contact qui rendent cette équipe inarrêtable lorsqu’elle se trouve dans cet état de transe. « On essaye de rester fidèles à ça, quoi qu’il arrive, certifie l’ailier de 27 ans. Même si le match avait été plus serré, on aurait cherché à garder cette volonté que l’on cultive tous les jours. Le fait de nous entraîner souvent ensemble et à grosse intensité nous permet peut-être d’éliminer ces petits doutes. » Comme d’éteindre le feu des critiques.












