Perchée sur une des nombreuses collines du Lauragais, Montgeard, obtient, dès 1317, le statut de bastide royale. Environ 200 ans plus tard débute la construction de l’église, achevée en 1561, en plein pays de Cocagne. « Une église du pastel, qui a bénéficié de l’argent des riches marchands », précise Madeleine Chaudonneret, ancienne présidente de l’association Montgeard histoire et patrimoine, créée en 2023 pour soutenir la restauration de l’édifice de Haute-Garonne.
« En 2021, le tableau de la Présentation de Jésus au temple, présent dans le chœur, s’est décroché. Nous avons sollicité les Architectes des bâtiments de France, qui nous ont orientés vers la Drac », restitue Serge Kondryszyn, le maire de cette commune d’environ 600 habitants. Une première analyse révèle alors que les autres toiles menacent aussi de tomber et, en 2022, c’est un morceau de la Gloire (élément symbolisant la présence de Dieu) qui se décroche.
Il a donc fallu entamer des travaux pour restaurer le chœur de l’église Notre-Dame-de-l’Assomption. Un chantier entamé en mai 2025 et financé grâce à des fonds publics et privés. « Cela représente environ 325 000 euros hors taxe. Nous avons bénéficié de subventions de la Drac, du Département et de la Région, mais 20 % restent à la charge de la commune », précise le maire.
Des marchands pasteliers enterrés sous les chapelles
C’est là que l’association Montgeard histoire et patrimoine, aujourd’hui présidée par Nathalie de Sevin et parrainée par l’ancien capitaine de l’équipe de France de rugby Fabien Pelous, prend toute sa place.
« Nous avons signé une convention avec la Fondation du patrimoine. Et la collecte de 30 000 euros, notamment auprès des habitants de la commune, a permis de financer le diagnostic. On continue à récolter des fonds, en organisant différentes manifestations, comme des concerts et en étant présents sur les vide-greniers, les journées du patrimoine…. » explique Madeleine Chaudonneret, quelques jours après l’inauguration officielle du chœur restauré, le 7 juin dernier.
Certains éléments, trop endommagés, ont été refaits à l’identique. Les peintures de la voûte, aujourd’hui d’un bleu éclatant, ont été nettoyées et complétées par des restauratrices de L’Atelier d’Autan. Réalisées au 19esiècle par l’atelier de l’Italien Gustave Pedoya, elles avaient en effet subi les outrages du temps. « Les toiles ont été déposées et envoyées dans un atelier à Avignon pour restauration. Le clocher-porche a été rejointé et dévégétalisé », ajoute Serge Kondryszyn, alors que les stalles et le sol sont encore en cours de restauration.
Classée au titre des monuments historiques depuis 1980 pour l’intérieur comme pour l’extérieur, cette église de style gothique méridional possède aussi une spécificité remarquable, avec la présence exceptionnelle de chapelles où sont enterrés des marchands pasteliers ayant financé sa construction. « Ce sont eux qui ont fait venir un bénitier de Pise en marbre de Carrare ou des panneaux en albâtre de Nottingham », pointe Madeleine Chaudonneret.
Reste que, si Notre-Dame-de-l’Assomption a retrouvé un peu de son lustre, l’édifice nécessite encore de nombreux travaux. Il est toujours possible de faire un don sur le site de la Fondation du patrimoine mais l’association et la commune de Montgeard cherchent des mécènes pour préserver ce morceau de patrimoine qui fait leur fierté.










