Depuis le 23 juin, une dizaine de caravanes appartenant à cinq familles de gens du voyage occupent un terrain de football communal à Ramonville-Saint-Agne. Une installation que la mairie juge illégale et pour laquelle une procédure d’expulsion est en cours. En attendant la décision de la préfecture, les occupants assurent qu’ils ne quitteront pas les lieux de leur propre initiative. Ils contestent les accusations de dégradations portées par la municipalité et dénoncent le manque de places sur les aires d’accueil, ainsi que la stigmatisation dont ils estiment faire l’objet.
Depuis le mardi 23 juin, une dizaine de caravanes appartenant à cinq familles de gens du voyage sont installées sur un terrain de football communal à Ramonville-Saint-Agne, comme nous l’indiquions dans un précédent article. Selon la municipalité, les familles seraient entrées en fracturant le portail avant de s’installer illégalement sur le site. Dès le soir même, la maire a déposé plainte et la préfecture a engagé une procédure d’expulsion. En attendant la décision, les occupants assurent qu’ils ne quitteront pas les lieux de leur propre initiative et dénoncent la manière dont ils sont traités.

« Nous n’avons rien cassé »
Portail ouvert, caravanes stationnées, piscines gonflables installées… Depuis trois jours, les cinq familles patientent. « On attend de se faire expulser », résume Maria Reinard, l’une des occupantes. « Quand nous sommes arrivés, madame la maire est venue nous voir. Elle a immédiatement porté plainte et nous a demandé de partir. »
Les familles regrettent d’être systématiquement assimilées aux dégradations commises par d’autres groupes. « On ne reste jamais longtemps. On met tous les gens du voyage dans le même sac, alors qu’il y a des personnes respectueuses et d’autres non. Nous, nous sommes propres, nous n’avons rien cassé. Nous sommes avec nos enfants, nous voulons vivre normalement. Nous sommes Français, après tout. Pourtant, dès que nous arrivons quelque part, nous sommes stigmatisés », poursuit la jeune femme.
Même sentiment pour Thomas Alajouanine, également installé sur le terrain. « Des décennies d’exclusion font que, dès notre arrivée, nous sommes mal vus. Imaginez des enfants qui grandissent toute leur vie avec ce sentiment de rejet. Nous n’avons rien cassé en entrant. Le portail était ouvert. Nous avons simplement déplacé le véhicule qui bloquait l’entrée, sans rien détériorer. S’il y a des dégâts, nous les paierons. Nous ne demandons rien aux communes, nous sommes même prêts à verser une caution. »

Une version contestée par la mairie
La maire de Ramonville-Saint-Agne, Sylvie Brot, livre une version différente. « Ils ont déplacé un plot scellé à l’aide de sangles et cassé le système de fermeture du portail. Ils se sont ensuite raccordés à une borne incendie ainsi qu’à un compteur électrique, alors que nous sommes en période de canicule, avec un risque élevé d’incendie et des restrictions d’eau. C’est inadmissible », affirme-t-elle.
L’élue se dit particulièrement préoccupée par cette installation et souhaite renforcer les dispositifs de protection des terrains communaux afin d’éviter de nouvelles occupations illégales.
À ce stade, la procédure suit son cours. La mairie attend toujours l’arrêté d’expulsion de la préfecture. « Dès que nous le recevrons, il sera affiché sur le grillage du terrain et notifié aux familles. Elles disposeront alors de 24 heures pour quitter les lieux », précise la maire.
Les familles dénoncent le manque d’aires d’accueil
Pour les occupants, cette situation – aussi habituelle soit-elle – est avant tout la conséquence du manque de places disponibles sur les aires d’accueil. « Les aires sont pleines. Beaucoup de familles y vivent à l’année. Nous, qui circulons dans la région, nous ne pouvons pas nous y installer puisqu’il n’y a plus de place », explique Maria Reinard.
Thomas Alajouanine évoque également les fortes chaleurs. « Avant d’arriver ici, nous étions sur un terrain goudronné où il faisait près de 70 °C. On nous parle aujourd’hui de canicule, mais la mairie nous répond qu’elle n’a aucun terrain à nous proposer. Quand il s’agit d’accueillir des immigrés, on ouvre des hôtels. Pour les gens du voyage, il n’y a rien. »
De son côté, la mairie rappelle : « Le Sicoval est l’une des seules intercommunalités à être en règle sur cette question, ce qui est loin d’être le cas partout », souligne Sylvie Brot, qui affirme par ailleurs que « l’aire aménagée par le Sicoval est actuellement libre », sans pouvoir confirmer le taux d’occupation des autres aires permanentes.














