Voir un avion voler avec un carburant décarboné, ce n’est pas pour tout de suite. Si l’an dernier, à la même époque, Airbus confirmait « un retard de cinq à dix ans » pour son projet ZEROe, son patron, Guillaume Faury, reste confiant en ce mois de février 2026. Et ce, malgré le recul des politiques environnementales et le pessimisme de la filière aéronautique en France. Explication.
Pas avant « la deuxième moitié du XXIe siècle »
Selon lui, et alors que le projet ZEROe est à l’étude depuis près de six ans, il faudrait donc patienter jusqu’à « la deuxième moitié du XXIᵉ siècle » pour assister à l’envol de la technologie d’avion à hydrogène. Une déclaration pleine d’optimisme comparée à celle du directeur de Safran qui estime, de son côté, que cela n’est possible avant « le XXIIᵉ siècle ».
« On y croit sérieusement, on y travaille, et on y voit un horizon commercial beaucoup plus rapproché que cela. Nous sommes convaincus que la décarbonation de l’aviation est un sujet important, et que l’hydrogène vert est la technologie qui permet de le faire », explique-t-il. Et d’ajouter : « Il faut un développement d’un écosystème de fabrication, de production et de distribution d’hydrogène décarboné. »
Un sujet « passé au deuxième plan »
Ce qui inquiète davantage le patron d’Airbus, c’est le contexte géopolitique mondial. Il reconnaît que la création d’un avion décarboné est « passée plutôt au deuxième plan ».
Il y a un balancier qui repart dans l’autre sens, essentiellement compte tenu de la politique de l’administration américaine. Mais il n’est pas exclu que les choses repartent dans l’autre sens, parce que le réchauffement climatique est en cours.
Le défi : stocker l’hydrogène à très basse température
Pour rappel, l’avionneur imagine un avion à hydrogène, propulsé par quatre moteurs électriques de 2 mégawatts. Chacun serait alimenté par un système de pile à combustible convertissant l’hydrogène et l’oxygène en énergie électrique. Deux réservoirs stockeraient cet hydrogène liquide à une température de – 253°C.
L’an dernier, Airbus prévoyait des essais au sol en 2027 au Centre d’essais des systèmes d’aéronefs électriques de Munich. Ils devaient intégrer le banc propulsif et le système de distribution d’hydrogène pour une validation complète du système. Toutefois, face au retard accumulé, il est probable que cette prochaine échéance ait été ou soit décalée.
Avec AFP
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