Actu Toulouse vous en a parlé. Mercredi 4 mars 2026, la rambarde en fer d’un balcon, situé au deuxième étage d’un immeuble au 17 de la rue d’Austerlitz à Toulouse s’est effondrée sur un trottoir. L’incident s’est produit vers 19h. Il n’y a pas eu de blessé. Un miracle.L’état de l’immeuble, alarmant, et ayant généré déjà deux rapports accablants depuis 2024, est en cause. Mais pas seulement.
Un individu grimpe sur le balcon désaffecté
Comme la police l’indique à Actu Toulouse, l’action d’un individu a précipité une partie de la rambarde du balcon dans le vide, avant qu’elle ne se brise en morceaux sur le trottoir.
« Un individu aurait tapé sur le balcon désaffecté ce qui en a fait tomber une partie sur la voie publique. Il a été intercepté par un témoin alors qu’il fuyait. Il a porté des coups à cette personne. C’est la police municipale qui l’a ensuite interpellé. Il a proféré de multiples injures aux agents », rapporte cette source policière.
Un homme interpellé
L’homme, âgé de 30 ans, connu des services de police, a été interpellé vers 20h, le même jour, sur les allées Jean-Jaurès.
Vendredi, aucune plainte n’avait été déposée à son encontre, mais le témoin, frappé, et les agents de police, injuriés, se réservaient le droit de le faire.
Un arrêté de mise en sécurité signé par la mairie
Dès mercredi soir les pompiers avaient sécurisé le balcon, en enlevant les parties encore menaçantes et établi un périmètre de sécurité en pied de l’immeuble.
Et dès ce jeudi, la mairie de Toulouse a signé « un arrêté de mise en sécurité ». Une procédure en urgence devant les désordres observés, et les risques encourus sur cet immeuble situé entre deux restaurants bien connus des Toulousains : le J’Go d’un côté et L’Entrecôte de l’autre.
De nombreux désordres recensés
Le service Immeuble Menaçant Ruine de la mairie de Toulouse s’est rendu sur le site ce jeudi et il a noté, en plus de l’absence de garde-corps sur le balcon de l’appartement du deuxième étage, d’autres désordres :
« Le garde-corps des balcons de l’appartement en R + 3 est en place, mais certains de leurs ancrages sont détériorés ou non conformes. Les sous faces des balcons sont érodées. Il y a des traces d’effractions et d’intrusions dans l’immeuble avec fracturation de la porte d’entrée et de celles des appartements situés en R + 1 et R + 2 ».
Vers un bras de fer entre la mairie et les copropriétaires
Devant les risques encourus pour les passants, la mairie donnait, ce jeudi, 24h aux copropriétaires pour faire les travaux de mise en sécurité. Elle indiquait qu’au-delà du délai, elle engagerait des travaux avant de leur envoyer la facture avec une majoration « conformément au code de la construction et de l’habitation ».
Un rapport de 2025 déjà accablant
Pourquoi cet empressement de la mairie de Toulouse ? Tout simplement car deux ans après l’effondrement de l’immeuble de la rue Saint-Rome, la situation de l’immeuble du 17 rue d’Austerlitz est catastrophique. Et elle est connue depuis deux ans.
Un rapport du service Immeuble Menaçant Ruine, qui s’était rendu sur place le 3 février 2025, était déjà accablant. Il avait été résumé dans un premier arrêté signé par la mairie le 5 mars 2025 :
« Les balcons présentent des sous-faces fortement dégradées. Des fissures existent en plafond et cloisons dans le couloir d’accès en rez-de-chaussée. L’ensemble des ossatures bois et métal est vétuste. On note des fissurations en allèges et en nez de planchers, et des parties instables pour les sous-faces des coursives. La partie haute sous la verrière montre une charpente vétuste.
« Dégradations très importantes », « des pourrissements »
Le sinistre récit se poursuivait :
« Dans la cave, le plancher bois montre des dégradations très importantes avec des pourrissements du platelage et des poutres supports. La partie en structure métallique est vétuste avec de l’oxydation. Les renforts ne sont pas adaptés pour pallier les désordres ».
Ce n’était pas beaucoup plus rassurant à l’étage et dans les combles. Le service Immeuble Menaçant Ruine de la mairie était formel : « dans les combles, les locaux sont à l’abandon. Des infiltrations en toiture ont détruit localement le plafond lattis plâtre qui présente des déformations et fractures. Le plancher bois est également très vétuste. Des pièces de charpente montrent des pourrissements. Dans l’appartement au premier étage, des cloisons sont fracturées horizontalement, signe d’un tassement du plancher support. Celui-ci a une pente sensible dans la zone du couloir ».
Un rapport inquiétant dès 2024
Une description qui donne des frissons et qui ne vient que corroborer un premier rapport rendu par un bureau d’études en date du 25 juin 2024. Dans ce rapport issu d’investigations partielles, la société BET Structural avertissait déjà sur des « garde-corps des balcons instables », des « déformations des planchers qui affectent tous les niveaux », des « fractures de cloisons visibles en R + 2 » et de « nombreux désordres ».
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