Les équipes de transplantation du CHU de Toulouse ont réalisé une première nationale en menant avec succès une greffe simultanée d’un rein et d’îlots pancréatiques, tous deux issus d’un même donneur. Une opération aussi complexe que prometteuse, réalisée le 6 février 2025 et ayant mobilisé 40 personnes.
La patiente présentait un diabète de type 1 compliqué d’une insuffisance rénale chronique à un stade avancé, nécessitant une dialyse depuis plusieurs années. Face à cette situation, les médecins devaient trouver une alternative à la greffe classique.
Pourquoi une approche différente ?
Le corps médical ne pouvait pas lui proposer de greffe combinée rein-pancréas, à cause de contraintes liées à ses vaisseaux sanguins. Les équipes ont donc opté pour une stratégie innovante en deux volets : une greffe rénale pour permettre l’arrêt des dialyses, puis une greffe d’îlots de Langerhans pour améliorer durablement l’équilibre glycémique de la patiente et protéger le rein transplanté en limitant le risque de récidive du diabète sur le greffon.
Un donneur au profil particulièrement complexe
La difficulté supplémentaire de cette opération tenait au profil du donneur. Il s’agissait d’un donneur dit « Maastricht 3 », c’est-à-dire décédé après un arrêt cardiaque à la suite d’une décision d’arrêt des traitements.
Contrairement à un donneur en mort cérébrale, les organes et les cellules ont été privés de circulation sanguine pendant un certain temps après le décès. Il fallait donc agir vite.
Toulouse et Montpellier main dans la main
Pendant que les équipes de Toulouse étaient mobilisées sur la greffe rénale, le pancréas du donneur était envoyé à Montpellier. Là-bas, une équipe spécialisée du CHU de Montpellier a isolé et préparé les îlots pancréatiques, qui contiennent les cellules du pancréas produisant l’insuline, pour la future transplantation.
Ensuite, les cellules pancréatiques ont été transmises au CHU de Toulouse pour être injectées à la patiente. Une coordination logistique impressionnante, saluée comme une réussite collective.
Des résultats encourageants pour le patient
La patiente est rentrée chez elle dix jours après l’opération. Depuis, elle produit elle-même une partie de son insuline, ce qui réduit ses injections et stabilise son taux de sucre dans le sang. Elle n’a donc plus besoin de dialyse.
« Permettre aux patients de ne plus être dialysés et de ne plus être diabétiques est vraiment un émerveillement et une satisfaction quotidienne », se réjouit le Dr Laure Esposito, néphrologue ayant réalisé l’injection des cellules pancréatiques.
Une nouvelle ère pour les greffes en France
Pour le Dr Esposito, depuis l’autorisation de la greffe d’îlots en routine en France en 2021, et au CHU de Toulouse en 2025, plusieurs approches thérapeutiques permettent une prise en charge personnalisée en fonction des besoins et des comorbidités – le fait d’avoir plusieurs maladies en même temps chez une personne – des patients.
Cette première nationale ouvre la voie à de nouvelles perspectives pour les malades atteints de diabète de type 1 et d’insuffisance rénale en France.
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