Trois listes se présentent à Castanet-Tolosan, ville du Lauragais à une dizaine de kilomètres au sud de Toulouse. Le collectif écologique et citoyen qui avait ravi la commune à la droite, faisant figure d’exception en Haute-Garonne, défend son bilan tout en reconnaissant des axes d’amélioration.
C’était la seule ville conquise par une liste écologique en 2020 en Haute-Garonne. « Ecologique, citoyenne et solidaire », précise la majorité sortante. Castanet-Tolosan, ville du Lauragais d’un peu plus de 15.000 habitants, a fait figure d’exception en Haute-Garonne, mais la droite est en embuscade pour ces élections municipales 2026. Trois listes se présentent, dont deux de gauche.
Trois listes en course
Voilà les différentes têtes de liste :
- Gwenola Klopp-Tosser, chercheuse à l’INRAE, 58 ans : l’ex-première adjointe mène la liste de la majorité sortante « Castanet en commun » (divers gauche) avec des écolos, des insoumis, des citoyens dont trois tirés au sort
- Pascal Chicot, chef de projet en informatique, 52 ans : ancien membre de la majorité, il a monté une autre liste de gauche « Castanet en action », avec des socialistes, communistes, membres du PRG et de Générations
- Jordan Puissant, avocat, 31 ans : il était dans l’opposition lors du précédent mandat, il mène la liste divers droite « Unis pour Castanet ». Il a sur sa liste l’ancien maire de droite.
Quel bilan pour la majorité sortante ?
Alors quel bilan pour la majorité, emmenée par Xavier Normand d’EELV en 2020 ?
il y a clairement des promesses tenues (grâce aux 15 millions de budget annuel environ) :
- le projet de ZAC de 1800 logements ( à la limite avec Péchabou) a été abandonné comme promis, des espaces verts crées, une ferme maraichère installée
- des bâtiments ont été rénovés notamment la mairie grâce a la géothermie (et « nous continuerons de le faire, y compris la piscine » , assure la majorité), des cours oasis installées dans deux écoles (avec l’objectif d’en créer deux de plus), des panneaux photovoltaïques installés sur quatre sites
- un espace de vie social a été créée et Castagora, une médiathèque doublée d’un centre social bâti avec des matériaux responsables ouvrira dans les prochains mois
Mais Gwenola Klopp-Tosser, ancienne première adjointe et tête de liste de « Castanet en commun » reconnaît aussi avoir reculé ou pouvoir évoluer sur certains points :
- sur l’éclairage public, la majorité avait éteint à 23h, elle est revenu à 23h30 et même 00h30 près des équipements publics
- sur la limitation partout en ville à 30km/h : « Les gens ralentissent et cela renforce la sécurité, mais on peut requestionner cette limitation pour l’entrée de ville », dit la tête de liste
- sur la rénovation des trottoirs : « On peut aller plus loin, on va doubler le budget pour la rénovation des 80kms de trottoirs existants »
Une démocratie participative illusoire ?
Mais la majorité est attaquée sur la question de la démocratie participative et sur l’écoute des citoyens. « Nous avons eu 100.000 euros de budget participatif par an, nous sommes un collectif citoyen d’une cinquantaine de personnes, nous avons fait des assemblées participatives », rappelle Gwenola Klopp-Tosser.
Mais elle reconnait que « ce n’était pas toujours facile de rencontrer les élus. On va mettre en place un dispositif d’interpellation citoyenne et aller plus à la rencontre des habitants, proposer aussi une application pour répondre aux sollicitations », détaille-t-elle. Elle rappelle aussi que trois citoyens sur sa liste ont été tirés au sort (selon un processus assez technique développé par Archipel citoyen).
Le manque d’écoute, c’est peut-être le principal reproche fait par le socialiste Pascal Chicot à la majorité sortante, dont il faisait partie. « Sur les 30km/h et l’éclairage j’avais alerté, on ne m’a pas écouté ». Il a donc monté une liste dissidente « pas vexé, ni téléguidé par le PS », promet-il. Mais mécontent du processus de désignation mis en place par le collectif « Castanet en commun » qui a conduit à ce qu’il ne soit pas (ni lui ni d’autres élus PS) dans les 12 personnes désignés pour ensuite trouver une tête de liste. « Moi je veux mettre en place une assemblée citoyenne et cette bonne idée a d’ailleurs été reprise par mes adversaires », argue le chef de projet informatique, qui aimerait être maire à temps plein et qui n’a pas de local de campagne.
Une liste d’union de la gauche au soir du 1er tour ?
Pascal Chicot part donc avec d’autres anciens de la majorité, mais on sent bien qu’il y aura une liste d’union de la gauche au soir du 1er tour, et que l’objectif de Pascal Chicot, qui dit « assumer le bilan de la majorité », reste d’empêcher la droite de reprendre le pouvoir.
Car face à ces deux listes de gauche, Jordan Puissant, dans l’opposition depuis 2020, veut y croire. Il s’est déclaré le premier, fait (comme les autres listes) du porte à porte et veut en faire d’ailleurs une méthode municipale. « Des riverains étaient obligés de se mobiliser et faire des pétitions pour être entendus. Nous nos élus iront voir les gens quartier par quartier et nous publierons en toute transparence les avis sur internet », promet-il.
Sanctionner le dépôt de déchets sauvages
Jordan Puissant s’engouffre aussi sur le terrain de la sécurité, peu investi par ses adversaires même si Pascal Chicot aimerait une police « plus de proximité ». Jordan Puissant dit vouloir embaucher deux policiers supplémentaires (il y en a 6 aujourd’hui et un ASVP), lutter contre les points de deal et installer d’autres caméras vidéos (la précédente majorité n’en a rajouté aucune mais en a remplacé) pour lutter contre les poubelles abandonnées. « On veut verbaliser, si on est pas présent, si on a pas d’élu tout court sur ce sujet on avance pas. Il faut être dans une posture d’harcèlement pour avancer sur ce sujet », avance-t-il. « On a mis en place une amende administrative », répond la majorité.
Il dit avoir compris qu’il ne faut pas trop construire, veut un Ehpad, revenir à 50km/h sur certains axes et changer certaines rues mises à sens unique. Il assume de vouloir baisser la taxe foncière de 10%. « Ca équivaudrait à se séparer de 30 agents sur 300 », alerte Pascal Chicot, interloqué par ailleurs par l’aspect sécuritaire du programme de son adversaire de droite. « On fera des économies, par exemple pourquoi Castagora emploierait des agents publics alors qu’avant il y avait une bibliothèque associative qui faisait très bien le boulot? », pointe Jordan Puissant.
Deux anciens maires sur deux listes
Enfin, deux anciens maires sont présents dans cette campagne. Jordan Puissant a sur sa liste en 5e position Arnaud Lafon, ancien maire LR entre 2001 et 2020, accusé d’avoir bétonnisé à outrance Castanet. Et l’ancien maire EELV Xavier Normand est lui sur la liste de Gwenola Klopp-Tosser en 4e position. « Ce ne seront pas des maires bis », nous dit-on en creux.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555



















