La photographe toulousaine Hélène Perry sublime les femmes à travers ses portraits bruts et puissants. En lançant, son projet RAW Nomade, elle part à leur rencontre dans toute la France.
À travers ses séances photographiques inédites, Hélène Perry sculpte la lumière pour mettre en valeur une beauté souvent ignorée par les femmes elles-mêmes. Installée dans la Ville rose depuis 1999, Hélène Perry est bien plus qu’une portraitiste : elle est une « révélatrice ». Il y a deux ans, elle a lancé le projet RAW : une expérience photographique artistique dédiée exclusivement aux personnalités féminines et aux enfants.

« La photogénie, ça n’existe pas »
Loin des clichés standards, ses œuvres, souvent en noir et blanc ou en couleurs désaturées, cherchent à capturer l’essence profonde des sujets. « Je ne photographie pas pour embellir, je photographie pour révéler », confirme l’artiste. Pour elle, cette représentation va au-delà de l’image ; il s’agit d’une mise en scène singulière où la vision brute devient le protagoniste. « Les femmes ont souvent peur de ne pas savoir poser. Mais la photogénie, ça n’existe pas. C’est la manière dont on vous regarde. Mon rôle, c’est de trouver l’angle, la lumière, la posture qui vont les mettre en valeur. »
Face au succès de sa démarche et à une sollicitation nationale grandissante, la créatrice toulousaine franchit une nouvelle étape en lançant « RAW Nomade ». Ce concept itinérant permet à Hélène Perry d’aller à la rencontre de ces dames dans les grandes villes comme Paris, Lyon, Nantes ou Bordeaux… Le projet propose une prise en charge complète où coiffeuse maquilleuse professionnelle, stylisme personnalisé et ornements sont fournis. « J’accorde une attention particulière aux accessoires, aux bijoux, à ce que je mets dans les cheveux, glisse Hélène. L’objectif est de créer un objet d’art durable, un tirage sur papier « fine art » encadré, qui s’inscrit dans une logique de transmission et d’histoire personnelle. »

« L’idée de faire du bien »
Hélène Perry refuse la retouche numérique systématique qui lisse les visages. « C’est justement cette singularité qui donne tout le charme », affirme-t-elle, s’opposant aux standards de perfection édictés par les réseaux sociaux. Son approche, nourrie par sa sensibilité et son parcours parallèle de professeur de yoga, est guidée par « l’idée de faire du bien, d’aider les gens à aller mieux. »Son œuvre revêt une portée quasi thérapeutique. En se concentrant sur l’ensemble plutôt que sur les petits défauts, elle permet à ses clientes de se réconcilier avec leur reflet. « Les témoignages que je reçois sont bouleversants. Certaines femmes me disent qu’elles n’arrivaient plus à se regarder dans le miroir, qu’elles ne s’aimaient pas. Et quand elles découvrent leurs photos, elles se voient à nouveau belles. C’est une révélation. Elles repartent avec une image restaurée d’elles-mêmes, un nouvel élan », se réjouit la photographe.

Envie de laisser une trace
Le choix de se consacrer à la gent féminine n’est pas anodin. Hélène Perry aspire à accorder un répit salvateur à ces femmes sous pression constante, entre maternité, carrière et exigences sociales. Qu’il s’agisse de les inclure dans un univers floral, rock ou sauvage, chaque tableau raconte une histoire forte. Comme cette personne qui, avant une opération risquée au cerveau, a voulu laisser une trace pour ses enfants.

Plus qu’une simple prise de vue, le visuel RAW s’impose comme un « mantra », une preuve tangible de leur force et de leur éclat retrouvés. Pour Hélène Perry, cette « révélation » est l’aboutissement d’une quête d’utilité, redonnant à la photographie sa fonction de miroir bienveillant.






















