Absences non remplacées, classes surchargées, heures de cours perdues et cantine fermée : que ce soit dans le quartier des Sept-Deniers ou en plein centre-ville, la pénurie de remplaçants fragilise le quotidien des petits Toulousains. Parents et enseignants dénoncent une situation devenue structurelle et réclament des réponses rapides.
Depuis le 23 janvier, une classe de petite et grande sections de l’école des Sept-Deniers fonctionne sans remplaçant à temps plein. L’enseignante est en arrêt maladie, prolongé récemment. « Une remplaçante est venue un mercredi matin pendant trois heures. C’est absurde », déplorait avant les vacances d’hiver Anthony Grasperge, co-président des parents d’élèves qui espère qu’en cette rentrée des classes une solution pérenne sera trouvée.
Entre seize et vingt jours de classe auraient été perdus, soit jusqu’à 93 heures d’enseignement. Les enfants sont répartis dans d’autres classes, certaines dépassant les trente élèves. « Mon fils est en grande section, ils sont 31 », témoigne une mère. Bruit, fatigue, apprentissages fragilisés : « C’est l’âge où ils commencent la lecture. Dans ces conditions, c’est compliqué. »
Même tension à l’école Sarrat. Depuis le 29 janvier, deux enseignantes sur cinq ont été absentes. Certaines journées se sont déroulées avec seulement trois professeurs pour cinq classes. « On s’est retrouvés avec jusqu’à seize élèves en plus par classe », explique une représentante des parents. Dans certains cas, les effectifs ont frôlé les quarante élèves. « Ce n’est plus vraiment du cours, c’est presque de la garderie. »
À ces difficultés s’ajoute la grève des agentes techniques, épuisées par des effectifs réduits. La cantine a dû fermer plusieurs jours, obligeant les familles à s’organiser en urgence.
Une instabilité qui dure depuis des mois
À l’école Ada Lovelace, la situation s’étire depuis la rentrée. Une enseignante, absente depuis le 4 septembre après un accident, n’a jamais été remplacée durablement. « On a eu une dizaine de remplaçants, mais jamais sur la durée », explique une enseignante. Aujourd’hui, un remplaçant n’intervient que trois jours par semaine. Le reste du temps, les élèves sont répartis ailleurs.
Dans cette classe partagée entre CP et CM1-CM2, les conséquences inquiètent. « Certains CP ne savent toujours pas lire », affirme une mère. Les enseignants évoquent une continuité pédagogique « très limitée ».
Une mobilisation devant le rectorat
Face à ces situations, parents et enseignants se sont rassemblés jeudi 19 février à 12 h devant le rectorat de Toulouse pour demander des remplacements pérennes. « On voulait des explications. On n’a pas été reçus », regrettent des parents présents sur place.
Courriers, demandes d’audience et menaces de recours devant le tribunal administratif se multiplient dans les trois établissements. « C’est dommage de devoir menacer pour être entendus. On parle de la scolarisation de nos enfants », insiste un parent. « On ne veut pas déplacer le problème ailleurs. On veut des moyens supplémentaires. »
Sollicité, le rectorat n’avait pas répondu à nos questions au moment de la rédaction.



















