Installé à Chicago, le danseur et chorégraphe montalbanais Nicolas Blanc signe sa première création française pour le Ballet du Capitole, du 13 au 19 mars. Dans « Cantus Cygnus », il donne sa vision du « Lac des cygnes » dans un triptyque consacré à cette œuvre majeure.
Avant d’accueillir la grande Carolyn Carlson, au mois de juin, le Ballet du Capitole revisite « Le Lac des cygnes » à travers le regard de chorégraphes contemporains. Beate Vollack, directrice de la danse, a choisi Jann Gallois, Iratxe Ansa et Igor Bacovich, ainsi que Nicolas Blanc pour exprimer leur vision d’une œuvre légendaire.
Pour le Montalbanais Nicolas Blanc qui mène une carrière internationale de chorégraphe, notamment à Chicago après avoir été danseur étoile à San Francisco, cette création toulousaine est une première en France. « J’avais déjà créé pour le festival Danse en Place en 2012, à Montauban, mais ce n’était pas pour une compagnie professionnelle », précise-t-il. « C’est un concours de circonstances. J’habite à Chicago, où je travaille pour le Joffrey Ballet. J’étais de passage à Toulouse pour voir un spectacle de fin d’année au Théâtre du Capitole et j’en ai profité pour me présenter à la nouvelle directrice de la danse. Nous avons échangé, elle a vu des extraits vidéo de mes chorégraphies et c’est ainsi qu’elle m’a engagé ».
Après avoir commencé la danse à Montauban avec Marie-Odile Morel, Nicolas Blanc a ensuite étudié à l’Académie de danse de Monaco puis remporté le Prix de Lausanne en 1994, ce qui lui a permis d’étudier un an à l’école de danse de l’Opéra de Paris. « J’ai commencé ma carrière professionnelle à l’Opéra de Nice, puis je suis parti en Allemagne à Düsseldorf, ensuite à Zurich, et enfin aux États-Unis, où je suis resté beaucoup plus longtemps que prévu », jusqu’à devenir danseur étoile au San Francisco Ballet.
À présent chorégraphe, dans le spectacle « Trois Cygnes », il présentera l’œuvre « Cantus Cygnus ». « Le thème proposé était ardu », estime Nicolas Blanc. « Il ne s’agissait pas de refaire ‘Le Lac des cygnes’ en trente minutes, mais d’en retenir l’essence. J’ai voulu traiter ‘Cantus Cygnus’ comme un voyage émotionnel en trois parties : oppression, libération et transcendance. J’ai repris certains thèmes du ballet, comme la manipulation d’Odette par Von Rothbart et l’amour transcendantal du dernier acte. J’ai aussi travaillé sur les costumes : des vestes qui évoquent à la fois la société et l’oiseau, avec un dégradé du blanc au noir. Enfin, une constellation du cygne flottera au-dessus des danseurs ».
Pour cette première collaboration avec le Ballet du Capitole, le chorégraphe a dû trouver ses marques. « Il a fallu s’apprivoiser », commente-t-il. « Les danseurs ont rapidement adhéré au concept. Je leur ai expliqué qu’ils étaient mi-humains, mi-oiseaux, traversant tour à tour oppression, tempête et libération. Donner des images et des intentions aux danseurs les aide à s’exprimer pleinement sur scène. Ils ont une grande sensibilité et une technique remarquable. J’ai été impressionné par leur engagement et leur curiosité artistique ».
Cette création marquera aussi son retour en France. Nicolas Blanc a décidé de revenir s’installer près de Montauban, à Montpezat-de-Quercy, dans une maison qu’il a commencé à rénover en 2005. Il travaillera désormais comme chorégraphe indépendant. « J’ai déjà des projets aux États-Unis pour 2026-2027, mais j’espère aussi développer des créations en France et en Europe. J’aimerais travailler avec des compagnies régionales, des écoles, des festivals. Je crois beaucoup aux échanges artistiques : la danse est un langage universel. Et puis, revenir créer ici, à Toulouse, c’est une belle manière de boucler la boucle ».
















