Une explosion s’est produite ce mardi matin sur le site de Safran Ventilation Systems à Blagnac, près de Toulouse. Deux salariés ont été grièvement blessés lors d’un essai technique. Le site a été évacué, la production suspendue pour la journée et une enquête est en cours.
Le site de Safran Ventilation Systems, à Blagnac, a été secoué par une violente explosion ce mardi matin. L’accident s’est produit vers 10 h 30, place Marcel-Dassault. Selon les premiers éléments recueillis, l’explosion est survenue dans une zone de test, sur un banc d’essai utilisant de l’air comprimé, à l’intérieur d’un local dédié à des essais techniques.
Deux salariés ont été grièvement blessés. Selon nos informations, ils ont été touchés au niveau du thorax et de la tête, après avoir été frappés par des projectiles au moment de l’explosion. Pris en charge en urgence absolue par les secours, ils ont été évacués vers l’hôpital. Deux autres personnes, plus éloignées du point d’impact, auraient été plus légèrement touchées, notamment par le souffle.
Des circonstances encore floues
D’après les premières constatations, l’explosion pourrait être liée à la rupture d’un équipement sous très haute pression, possiblement une buse ou un conduit d’air comprimé utilisé lors d’un essai. Les circonstances exactes de l’accident devront être établies par l’enquête.
Un important dispositif de secours a été déployé sur place. Au moins huit véhicules de pompiers étaient positionnés devant l’entrée du site en fin de matinée. Les secours, rapidement rejoints par les forces de police, ont sécurisé la zone, tandis que l’ensemble du personnel était évacué. Environ 300 salariés ont quitté le site ou ont été autorisés à rentrer chez eux au fil de la journée. La production a été interrompue pour le reste de la journée.

Dans les premières heures, une centaine de salariés avaient été regroupés dans la cour intérieure de l’usine, tandis que d’autres attendaient devant l’entrée. Plusieurs employés présents sur place ont dit avoir entendu « un boum » alors qu’un essai était en cours.
« Une onde de choc de près de 40 bars »
« Vers 10 h 30 ce matin, nous avons entendu une explosion qui provenait de la salle d’essais », témoigne un salarié, présent dans un autre atelier au moment des faits. « Rapidement, nous avons dû évacuer les lieux et on a appris que deux de nos collègues avaient été blessés. » Il évoque une onde de choc « de près de 40 bars » et décrit un site profondément marqué par l’accident : « On est tous très choqués. » Plusieurs personnes ont également été prises en charge en état de choc, notamment parmi celles intervenues dans les premières minutes pour porter secours aux blessés.
Dans un communiqué transmis à La Dépêche, Safran a confirmé qu’un « incident » s’était produit sur son site de Blagnac. Le groupe indique avoir immédiatement déclenché un protocole de sécurité et procédé à l’évacuation de l’établissement. L’entreprise confirme que deux blessés ont été pris en charge par les secours, précise suivre leur état de santé et annonce la mise en place d’une cellule de soutien psychologique. L’inspection du travail est intervenue sur place pour analyser un éventuel dysfonctionnement.
Deux services d’enquête co-saisis
En début d’après-midi, un procureur s’est également rendu dans la société. Le parquet a ouvert une enquête préliminaire pour blessures involontaires. La police nationale et les services de la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) de la Haute-Garonne en sont co-saisis. À ce stade des investigations, les personnes présentes au moment de la déflagration devraient rapidement être interrogées. L’événement a choqué une partie du personnel.
Le maire de Blagnac a pris la parole ce mardi. « J’ai appris en fin de matinée qu’une explosion blessant gravement deux salariés avait eu lieu sur l’un des sites blagnacais de l’industriel Safran. J’ai souhaité me rendre sur les lieux du sinistre pour apporter mon soutien aux salariés et à la direction de l’entreprise. À cette heure, je n’ai pas connaissance des raisons précises de l’explosion. Je reste attentif aux conséquences de cet accident et je veux adresser toute ma solidarité ainsi que mes souhaits de rétablissement aux salariés blessés. »












