Avec le retour du soleil, le mystère du « cobra de Castelginest » tourne à la psychose. Le serpent qui a mobilisé les secours à Gratentour ce jeudi n’était peut-être pas le cobra à lunettes recherché depuis une dizaine de jours. Entre témoignages et incertitudes, Philippe Gillet évoquait dès le début de l’alerte la possibilité d’une confusion avec des couleuvres locales. Ce passionné d’herpétologie aux 250 000 abonnés sur Instagram et président de l’association Inff-Faune invite à éviter toute panique.
Un témoin affirmait ce jeudi avoir aperçu le désormais fameux « cobra de Castelginest », à deux ou trois kilomètres de la zone de son signalement initial. Vous qui êtes spécialiste des reptiles, en doutez-vous Philippe Gillet ?
Je ne suis pas étonné qu’on puisse apprendre qu’il s’agit d’une fausse alerte, il a vu un gros serpent. Les confusions sont fréquentes : on m’a déjà sollicité pour un prétendu varan dans une piscine qui n’était en réalité qu’une simple salamandre. Sans photos probantes ou comportement caractéristique, comme le fait de se dresser… Si ce cobra existe bel et bien, il est probablement issu d’un terrarium et s’est habitué à un espace restreint, ce qui limite son rayon d’action.

Quel sera son comportement dans le milieu naturel ?
A priori, ses mouvements resteront très limités pour le moment, à moins qu’il ne soit dérangé. Il va se balader un peu, trouver des rongeurs, manger un rat et se mettre dans un coin pour digérer pendant une semaine. On pourra l’attraper aux premiers rayons du soleil le matin ou le soir. Une technique de capture efficace consiste à disposer des tôles au sol : en emmagasinant la chaleur de la journée, elles attireront le reptile qui viendra s’y abriter pour la nuit.
Vous confirmez qu’il peut être confondu avec une grosse couleuvre ?
Je le confirme, ça peut être une grande couleuvre de Montpellier dans la région de Toulouse. Elle peut être aussi grosse qu’un avant-bras. Par contre, ce n’est pas la peine de confiner le village et de fermer les portes, il ne faut pas paniquer. Quand on vit en Thaïlande ou en Afrique, on a des serpents au bord de la fenêtre. On les pousse avec un balai, ils vont plus loin, c’est tout.









